Joseph Sène
28 Novembre 2003
Le Bureau politique de l'Alliance des forces du progès (AFP) a dressé hier un « tableau sombre de la situation nationale ». Les camarades de Moustapha Niasse ne sont pas loin d'entonner le morceau fétiche de la star ivoirienne TiKen Jafa Koly intitulé «Le pays mal ».
Pour l'Alliance des forces du progrès, notre pays baigne présentement dans un « contexte caractérisé par une crise politique grave qui a gagné l'ensemble du tissu économique et social et qui amène les Sénégalais, toutes couches confondues, à s'interroger sur les conséquences d'une telle situation ». Pire, selon Mor Dieng qui a fait hier office de porte parole, « face aux nuages qui continuent de s'amonceler ainsi, le pouvoir actuel organise une fuite en avant ou donne dans l'esquive en tentant de transformer le quotiden douloureux des populations par le verbe ou par l'image en accaparant les médiats d'Etat ou en payant, à grand frais des reportages orientés, avec des sommes d'argent collossales ». Le Bureau politique de l'Afp qui n'a pas du tout été tendre avec les dirigeants du régime de l'Alternance avance « qu'après le regain de la violence politique couverte par une impunité intolérable en démocratie, les tenants du pouvoir plongent dans l'insouciance, en feignant d'ignorer les dangers qui planent sur notre pays, du fait de leur refus de s'atteler aux vrais problèmes qui préoccupent les Sénégalais et qui ont pour nom : sauvegarde de l'Etat de droit et développement concerté dans la bonne gouvernance, avec un calendrier républicain rythmé par des élections régulières, transparentes et sincères qui respectent la souverainté populaire et le libre choix des populations ».
Sur le plan économique, l'APF est tout pessimiste, car selon Mor Dieng, « quoiqu'en en dise le pouvoir actuel, toutes ces incertitudes, non seulement ne favorisent pas les investissements, mais riquent de provoquer une tendance dangereuse au désistement ». Et sous cet éclaraige, les camarades de Moustapha Niasse estiment utile d'annoncer aux autorités que « le pouvoir actuel a le devoir de prendre la mesure de son échec multiforme et d'en tirer toutes les leçons pour épargner à notre pays un recul généralisé qui affecte tous les secteurs de la vie nationale, y compris notre modèle de démocratie qui présente des craquements de toutes parts à cause d'un réflexe totalitaire débridé ».
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