Stéphane Saminaden
28 Novembre 2003
Port Louis — LES GRANDES manoeuvres pour l'extension et l'amélioration des provisions de l'Africa Growth and Opportunity Act (AGOA) ont démarré à Washington. Un nouveau projet de loi connu comme AGOA III a été présenté mercredi devant le Congrès américain.
Le nouveau projet de loi prévoit l'extension de l'AGOA jusqu'en 2015 alors que dans sa version actuelle il devrait expirer en 2008. L'AGOA est une loi importante pour l'industrie du textile-habillement car elle permet au pays d'exporter des vêtements sur le marché américain en hors taxes et sans restriction de quotas.
Lors du forum tenu à Maurice en janvier, le président américain, George Bush, avait dans une intervention enregistrée, promis de demander au Congrès une extension de l'AGOA.
Le projet de loi AGOA III prévoit aussi l'extension de la dérogation permettant aux pays les moins avancés (PMA) d'importer leurs matières premières hors de la région. Il vise, en outre, à obtenir un traitement en hors taxes pour les vêtements exportés vers le marché américain.
Sur cet aspect, Maurice est quelque peu mal à l'aise. Une extension de la dérogation remet en cause la stratégie du pays d'investir dans des filatures et de se tourner davantage vers le textile que vers la confection. Mais le pays doit quand même se positionner pour tirer avantage d'une éventuelle prolongation de la dérogation.
Actuellement, Maurice est le seul pays à ne pas pouvoir importer des matières premières hors de la région et obtenir un accès hors taxes. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle, des pays comme le Lesotho et le Botswana ont surpassé Maurice en termes de volume d'exportation vers le marché américain.
Une intense campagne de "lobbying"
Maurice souhaite pouvoir importer des matières premières hors de l'Afrique au cas où la dérogation dont bénéficient les PMA soit étendue. Les autorités mauriciennes se préparent à une intense campagne de lobbying pour que le pays soit inclus sur la liste des bénéficiaires de la dérogation. A défaut, les autorités américaines pourraient faire preuve d'une plus grande flexibilité sur les règles d'origine, plaident les responsables mauriciens.
Cette question sera certainement au coeur des préoccupations de la délégation mauricienne qui se rendra à Washington la semaine prochaine pour assister au forum de l'AGOA prévu les 8 et 9 décembre.
La délégation sera dirigée par Jayen Cuttaree, ministre de l'Industrie et du Commerce international. Le secteur privé sera représenté par Maurice Vigier de La Tour, dirigeant de la Mauritius US Business Association (Musba), Yves Robert Lamusse, directeur du groupe Palmar et Sunil Hassamal, directeur de Shibani.
A noter que c'est le deuxième forum de l'AGOA qui est organisé la même année. Ceci s'explique par le fait que le forum organisé à Maurice en janvier aurait dû avoir été organisé vers la fin de 2002.
L'AGOA III a été introduit devant le Sénat par le sénateur Richard Lugar et devant la Chambre des représentants par le député Jim McDermott. L'introduction de l'AGOA devant le Congrès marque le début d'un processus qui peut se révéler long. Divers comités du Sénat et de la Chambre des représentants l'examineront, probablement au début de l'année prochaine. De plus, l'administration américaine, notamment l'United States Trade Representative (USTR) n'ont pas encore fait leurs propositions sur ce projet de loi.
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