Hirondelle News Agency (Lausanne)

Rwanda: Ndindabahizi nie avoir demandé à la jeunesse du PSD de rejoindre le programme de défence civile

28 Novembre 2003


Arusha — A Le ministre des finances sous le gouvernement intérimaire, Emmanuel Ndindabahizi, a nié jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) avoir demandé à l'aile jeunesse du Parti Social Démocrate (PSD) de se rallier au programme de défense civile au cours d'une réunion politique à Kibuye (ouest du Rwanda).

Ndindabahizi 53 ans, répond de trois chefs de génocide et de crimes contre l'humanité (extermination et meurtre) portant sur des massacres de Tutsis dans cette région. Il plaide non coupable.

L'accusé, au troisième jour de sa déposition, était contre-interrogé par le représentant du procureur, Charles Adeogun-Phillips. Il a confirmé n'avoir jamais fait les remarques en question lors de la réunion du 3 mai 1994, à Kibuye, à laquelle participaient également l'ancien premier ministre, Jean Kambanda, et d'autres membres du gouvernement.

L'historienne et activiste des droits de l'homme américaine, Alison Des Forges, avait déclaré à la chambre, lors de sa comparution en tant que témoin à charge dans ce procès, que Ndindabahizi avait prononcé un discours demandant aux membres du PSD de se joindre en masse au programme de défense civile pour combattre les Tutsis. Le PSD était le parti politique comptant le plus de sympathisants dans la préfecture de Kibuye.

Lorsque Adegoun-Phillips a fait référence à une transcription de la réunion contenant les paroles de l'accusé se rapportant à la défense civile, Ndindabahizi a protesté, mettant en doute l'authenticité du document.

"On m'a donné ce document. Je ne sais ni qui l'a préparé, ni quand. Les allégations contenues dans ce document sont très graves. Où l'avez-vous obtenu ? », a demandé l'accusé, ajoutant que ce document, selon lui, était un faux.

Le représentant du procureur a en outre indiqué à Nndindabahizi que le discours qu'il avait prononcé au cours de la réunion équivalait à une trahison du PSD, un parti neutre sans idéologie extrémiste.

Adegoun-Phillips a ensuite évoqué le fait que l'accusé n'aurait pas arrêté son frère Ezekias Syenyenze, lors de sa visite à la cellule Gacharu le 26 juin, alors que ce dernier avait tué des Tutsis. L'ex-ministre a rétorqué qu'il n'avait pas été informé des crimes de Syenyenze.

Il a également nié avoir joué un rôle quelconque dans le meurtre d'un paysan nommé Cyprien Karegeya, tué à un barrage au centre de Gitaka, dans la commune Gitesi.

Adegoun-Phillips a achevé son contre-interrogatoire tard dans l'après-midi. Le procès se poursuit vendredi après-midi, pour ce qui devrait être sa dernière session. Les juges entendent poser quelques questions à l'accusé, avant de statuer sur des requêtes en attentes et, probablement, de fixer les dates des plaidoiries finales.

Le procès Ndindabahizi se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges Khalida Rachid Khan (Pakistan) et Solomy Balungi Bossa (Uganda).

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