Constant R. Sabang
28 Novembre 2003
A partir de demain, le parc des expositions de Tsinga à Yaoundé va abriter le désormais traditionnel rendez-vous de la Chambre de Commerce d'Industrie des Mines et de l'Artisanat du Cameroun (Ccima).
Et pour la 22ème édition, des mauvaises langues prétendent déjà que rien de particulier ne semble avoir été fait. Ajoutant à ce propos qu'on assistera une fois encore au triste spectacle "de vendeurs à la sauvette qui viennent se débarrasser de leur pacotille, de ces stands transformés en débits de boissons que des adolescents écument, se livrant à de mémorables séances de beuveries collectives..." Bref de tous ces clichés qui ont fini par coller à la peau d'un événement institué depuis 1982, dans l'optique " d'aider les opérateurs économiques à reconquérir le marché intérieur, d'assurer une meilleur information du public sur les performance de l'artisanat et de l'industrie camerounaise de manière à lui permettre de mieux apprécier de ce fait, l'inciter à consommer davantage camerounais ". Des enjeux qui étaient au départ à la base du projet de la foire commerciale de Yaoundé.
Un projet passé quasiment inaperçu l'année dernière, au moment où se tenait à quelque hauteur de là, Promote 2002. Le Salon de l'entreprise dont l'organisation et le professionnalisme avaient manifestement réduit Promo à une kermesse de lycée. Cette année apparemment, la Chambre de commerce semble avoir pris la mesure de ces insuffisances. Etant donné qu'il est envisagé (cette fois aussi) un certain nombre d'innovations qui s'inscrivent dans la nouvelle dynamique dont elle semble s'être imprégnée.
C'est ainsi que le programme de cette édition prévoit en plus de la traditionnelle exposition vente, une caravane publicitaire et commerciale dont l'objectif avoué est de sensibiliser un peu plus le public de la capitale, mais aussi et surtout cet espace-entreprise "spécialement conçu et mis à la disposition des exposants pour la promotion de leurs marques pendant toute la durée de la foire ". Mais apparemment la principale innovation, précisent les organisateurs, c'est leur fameux concept de "Breakfast performance ".
Un anglicisme pour designer ce pôle d'attraction un peu particulier, au sein duquel est élaboré un autre espace consacré cette fois aux échanges entre entrepreneurs de divers horizons. "Une sorte de plate-forme entre les opérateurs économiques nationaux et ceux de l'étranger" nous précise-t-on du côté de la Chambre, dont le but est de favoriser " les transactions commerciales, ainsi que les contacts nécessaires à des éventuels partenariats ". On se souvient à ce sujet qu'une expérience similaire avait par ailleurs été initiée l'édition dernière
Cette fois, on perçoit néanmoins une certaine évolution dans l'organisation. La foire qui se veut aux couleurs de la nouvelle configuration de la Chambre semble résolu a se départir de l'image que le public a d'elle : un espace à cheval entre un parc d'attraction et une kermesse. Les nouveaux dirigeants de la Ccima, ceux issus des élections du 12 novembre dernier, semblent s'être donné pour objectif de redorer le blason de l'événement. Se dotant ainsi d'un instrument à la hauteur de ses ambitions.
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