Salah Slimani
29 Novembre 2003
Le prix officiel du panier de l'OPEP, moyenne de sept bruts mondiaux, s'est établi à 28,39 dollars le baril jeudi, contre 28,15 dollars la veille
Analystes et intervenants restent très prudents à propos du marché pétrolier à quelques jours de la réunion ordinaire de l'OPEP, prévue pour le 4 décembre prochain à Vienne. La stabilité des prix qui prévaut actuellement ne semble pas suffire pour rassurer les consommateurs, notamment les gros d'entre eux. Une incertitude totale plane sur la décision qui sera prise à l'issue de la prochaine réunion de l'OPEP, à savoir augmenter ou réduire les quotas de production. Cette incertitude est d'autant plus fondée dans la mesure où le cartel a eu déjà à choquer le marché en septembre dernier en annonçant une baisse inattendue de 3,5% de sa production. Lors de sa dernière réunion le 24 septembre, le cartel avait en effet pris de court les investisseurs en décidant de baisser son offre de 900 000 barils par jour, alors que tout le monde tablait sur un statu quo. Cette fois-ci, le marché se veut plus prudent dans ses prévisions, même si le scénario d'un maintien des quotas de production à 24,5 millions de barils par jour revient assez fréquemment sur le marché. «Nous devons attendre la semaine prochaine pour voir ce que veut vraiment faire l'OPEP», a expliqué à l'AFP Keith Pascall de GNI. «Une poignée de pays membres [de l'OPEP] est en faveur d'une réduction de la production du cartel, une autre poignée est indécise et une autre assure qu'une baisse de l'offre n'est pas nécessaire», a souligné ce courtier.
«Donc, pour le moment, tout est vraiment entre les mains de l'OPEP», a-t-il ajouté. Le ministre de l'Energie Rafael Ramirez a indiqué jeudi que le Venezuela ne soutiendrait pas une éventuelle augmentation de la production de l'OPEP si celle-ci était proposée le 4 décembre. «Nous ne prévoyons pas ceci et nous ne l'appuierions pas», a déclaré M. Ramirez. «On s'attend à ce qu'il n'y ait pas de discussions sur les quotas à la réunion de Vienne», était-il allé jusqu'à affirmer. Comme son homologue koweïtien l'avait souligné la semaine dernière, le ministre vénézuélien a estimé que les prix élevés actuels «ne sont pas justifiés par les éléments fondamentaux du marché», mais sont liés à des situations particulières comme l'instabilité au Moyen-Orient. Il a admis également que 2003 a été une «année difficile pour assurer la stabilité [des cours] du pétrole» tout en affirmant que le principe de l'OPEP pour 2004 est d'essayer de «défendre nos prix».
Par ailleurs, malgré les attentats qui visent ses infrastructures pétrolières, l'Irak, membre de l'OPEP, a augmenté sa production pétrolière à 2,2 mbj, dont 1,6 mbj exportés, selon la State Oil Marketing Organization (SOMO). Avant la guerre en Irak, le pays produisait 2,8 mbj. «Si cela est vrai, les cours pourraient perdre un peu de terrain, mais je ne pense pas que le marché soit tourné vers l'Irak en ce moment», a estimé Keith Pascall, de GNI. Le prix officiel du panier de l'OPEP, moyenne de sept bruts mondiaux, s'est établi à 28,39 dollars le baril jeudi, contre 28,15 dollars la veille, selon l'OPECNA, l'agence d'information du cartel. Côté marché, les prix du pétrole étaient stables hier matin alors que New York était toujours fermé à l'occasion de Thanksgiving. Vers 11h00 GMT (12h00 à Paris), le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en janvier, référence sur l'International Petroleum Exchange (IPE) de Londres, valait 28,67 dollars, après avoir ouvert à 28,70 dollars, inchangé par rapport à la clôturé de jeudi. Le marché new-yorkais est fermé depuis mercredi soir pour les fêtes de Thanksgiving. «Le marché va être très calme aujourd'hui : Londres ferme plus tôt et New York est fermé», a observé Keith Pascall, opérateur à la maison de courtage GNI.
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