Fraternité Matin (Abidjan)
Ferro M. Bally
29 Novembre 2003
Abidjan — Quatorze mois après sa signature dans la banlieue parisienne, l'accord de
Linas-Marcoussis a un nouveau défenseur : Laurent Gbagbo.
"Malgré les critiques que l'on peut formuler sur ces accords de Linas-Marcoussis, ils ont au moins le mérite de réaffirmer quatre principes fondamentaux qui sont leur raison d'être : la nécessité de préserver l'intégrité territoriale du pays, le respect des Institutions de la République, la restauration de l'autorité de l'Etat, l'accession au pouvoir et son exercice par la voie démocratique", s'est exprimé jeudi le Chef de l'Etat dans son message à la nation pour soutenir l'accord de Marcoussis.De ce fait, Laurent Gbagbo et le Président Amadou Toumani Touré (ATT) du Mali ont affirmé leur conviction que Marcoussis n'est peut-être pas la seule voie de sortie de crise, mais "un cadre de règlement de la crise ivoirienne". A Bamako où il a effectué une visite d'Etat hier, le Président Laurent Gbagbo n'a donc pas fait mystère de sa volonté de procéder, ici et maintenant, à l'application de cet "médicament". Ainsi, au prochain Conseil des ministres, prévu jeudi, le gouvernement va se pencher essentiellement sur les sujets qui sont au cœur de la crise ivoirienne et qui sont au centre de l'accord de la banlieue parisienne : l'article 35 de la Constitution qui définit les conditions d'éligibilité à la présidentielle, le code de la nationalité et le foncier rural qui préoccupe particulièrement les Burkinabè.
Le Chef de l'Etat n'a fait qu'enfoncer une porte déjà entrouverte. Les discussions sur les textes suggérés par Linas-Marcoussis ont commencé depuis ce jeudi en Conseil des ministres. "Les perspectives sont bonnes", a déclaré Laurent Gbagbo pour exprimer son optimisme. C'est pour cette raison qu'il a encore tendu la main aux rebelles pour qu'ils reprennent leur place au gouvernement de réconciliation nationale. "J'attends le retour des ministres issus de la rébellion", leur a-t-il lancé.
Au cours de l'entretien en tête-à-tête que les deux Chefs d'Etat ont eu, il a été également question du sort de la forte communauté malienne vivant en Côte d'Ivoire et qui a été prise dans le tourbillon de la "sale" guerre. Laurent Gbagbo, comme à Bobo-Dioulasso, a promis de prendre les mesures nécessaires pour assurer la libre circulation des personnes, des biens et leur sécurité.
"Nous ferons tout pour aider au retour de la paix en Côte d'Ivoire", a promis ATT.
Signalons que prévue initialement à Sikasso pour lundi dernier, c'est dans la capitale malienne que le Chef de l'Etat ivoirien a effectué sa visite de travail.
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