Fraternité Matin (Abidjan)
Envoyé Spécial (christian Dallet)
29 Novembre 2003
Abidjan — Le chef du village de Dabré, Niongui Emile Simplice, a demandé jeudi à ses hommes de mettre balle à terre. Il a souligné qu'il est prêt pour la réconciliation.
" Bien qu'ils aient détruit 1 hectare de ma plantation de caféier, nous resterons calmes jusqu'à ce que justice soit rendue. Nous sommes des frères. Que l'Administration nous aide à résoudre ce problème afin que la terre revienne aux ayants droit. Notre village est épris de paix ". Cette volonté d'aller à la table des négociations est partagée par le camp de Domolon. Seulement, les hommes du chef de terre Ibo Goua Dominique suggèrent que le règlement de ce conflit se fasse de manière impartiale sur la base des documents. Et qu'à l'issue de son règlement, les autorités compétentes interdisent l'accès des terres cultivables aux non bénéficiaires. De sorte à éviter d'éventuels accrochages. M. Ibo soutient mordicus que le terrain , à la demande de Julien Don, le secrétaire du chef canton de l'époque coloniale, lui avait été cédé pour faire de la culture par les doyens Agré Bassama, Benié, Ibo Abei. Après exploitation des terres, il les a son tour rétrocédées en 1966 indiquant que les parcelles mises en valeur devraient revenir à ses parents d'Akouré et le terrain nu à Domolon. Ibo soutient après qu'après des différentes réunions consécutives aux précédents conflits, " nos chefs de terre et les cadres Gwa nous ont donné raison. Les populations d'Akouré ont refusé le partage des parcelles. Les Abidjis qui nous ont aussi donné raison ont suggéré que nous donnions l'espace aux Lablons ".
La version de Dabré est différente. Selon son chef Niongui Emile, toutes les plantations appartiennent à différents chefs de famille depuis l'ère coloniale. " Des titres fonciers existent. Et Domolon veut prendre de force cette bande de terre. Un juge a même fait une enquête en vue de rétablir la vérité. Qu'on nous restitue nos terres sans les armes. Le terrain appartient à des groupes de familles bien distinctes de la zone potou composée de cinq villages. Notamment Dabré,Akouré, Oguedoumé,M'Batto Bouaké et Akouyaté ", dira-t-il.
Cette crise à répétition dure depuis plus de 5 ans. Cependant, les deux parties s'accordent à dire que le sous-préfet d'Oghlwapo, Elisabeth Anderson, a mis en place un comité de gestion de cette crise et exhorté les populations à s'abstenir de tout acte visant à raviver les tensions. " Le sous-préfet a dit, au cours d'une réunion en 2002,de ne pas détruire les plantations. En faisant en sorte que l'entente règne ", a confié N'Cho Marc , un paysan. C'est à son absence pour cause de congé annuel que le conflit a resurgi en début de cette semaine sur cette parcelle de terre (qui s'étend sur 2 à 3 km) à proximité de Domolon sur l'axe Montezo-Oguedoumé.
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