Malamine Kamara
29 Novembre 2003
L'UCAS Jazz Band a perdu, la veille de la Korité, son lead-vocal, Seydou Ndao, décédé à la suite d'une courte maladie, à l'âge de 63 ans. Celui qui a commencé la musique à quinze ans, en jouant du Banjo, a eu droit à des obsèques dignes de son rang. C'était en présence d'une forte délégation gambienne envoyé par Yaya Jammeh président de la République soeur de Gambie et conduite par Ansoumana Goudiaby et un imam ratib.
On sait que le chef de l'Etat gambien couve l'UCAS Jazz Band en terre gambienne, depuis sept ans. Selon son émissaire, il a ressenti profondément la disparition de Seydou Ndao à qui il était lié par un rapport de cousinage à plaisanterie. Dans tout le groupe, c'est Seydou qu'il « taquinait » le plus. Il était un vrai ami pour lui. Jammeh avait d'ailleurs mis à la disposition de l'orchestre un car de transport et des instruments de musique pour signifier que l'intégration africaine, surtout par la musique qui adoucit les moeurs et les coeurs doit être une réalité intensément vécue. L'Imam ratib accompagnant la délégation gambienne a formulé des prières pour le défunt qui, de son vivant était présent à sa mosquée à chaque heure de prière. Ce témoignage sur la piété de Seydou a été renforcé par le Pr Balla Moussa Daffé qui avait déclaré : « contrairement à certains musiciens je n'ai jamais vu Seydou prendre une seule goutte d'alcool. A côté de cette qualité essentielle, il avait celle d'être un rassembleur, dans l'unité, la fraternité et la concorde. Seydou doit être une référence pour cette jeunesse venue nombreuse rendre un dernier hommage à son idole. C'est une bibliothèque de la sagesse qui vient de disparaître, et tous les témoignages de ceux qui l'ont connu, approché et pratiqué sont concordants.
Seydou, comme on l'appelait affectueusement, était jovial, élégant d'esprit, d'une élégance frisant le raffinement. Son allure altière lui donnait une admirable prestance. » Toutes ces qualités suscitaient chez l'homme une certaine admiration, a encore estimé le Pr Daffé. Il a mené une vie exemplaire parce qu'il savait, comme Corneille, « que chaque instant de la vie est un pas vers la mort ». Une philosophie des grands hommes. Seydou Ndao qui vient de nous quitter était de ceux-là. Que la terre lui soit légère.
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