Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: SIDA : le circuit du traitement

Yves Atanga

1 Décembre 2003


La prise en charge des personnes infectées est faite de manière bien organisée.

A l'hôpital central de Yaoundé, et à l'hôpital Laquintinie de Douala, les hôpitaux de jour offrent une belle illustration de la prise médicale des personnes infectées par le VIH. Après le test, le séropositif va subir des examens biologiques importants. Il est question de savoir s'il est nécessaire de le mettre sous traitement ARV (antirétroviraux), de déterminer le moment idéal pour commencer le traitement, de et choisir les médicaments antirétroviraux appropriés. Le test de CD4 permet alors de déterminer le degré d'immuno-dépression de la personne infectée. C'est-à-dire le nombre de globules blancs de la variété (CD4) qui continuent à assurer la défense de l'organisme. Ce sont de puissants anticorps, auxquels le virus s'attaque pour détruire le système immunitaire.

C'est donc en fonction de ces résultats que le mode de traitement sera décidé par le médecin. Les antirétroviraux ne guérissent pas, comme on le sait. Ils rendent simplement le virus inactif dans le corps. Pour les rendre encore plus efficaces, ils sont généralement associés par groupes de trois. C'est la fameuse trithérapie. Aujourd'hui, le gouvernement est parvenu à la mettre à la disposition d'un plus grand nombre, en négociant avec les firmes pharmaceutiques que le coût de ce traitement chute de 600.000 F Cfa par mois et par malade, à une fourchette de 22.000 F à 68.000 F. Ensuite, une subvention de l'Etat sur les ARV depuis le mois d'août 2000 a permis d'arriver au coût actuel. Les médicaments sont disponibles dans les pharmacies des 18 centres de traitement agréés, à travers les dix provinces du Cameroun. Le malade sous ARV doit régulièrement subir des examens de contrôle et de suivi du traitement. Ils permettent de détecter d'éventuels effets secondaires, mais aussi d'évaluer l'efficacité du traitement.

Pour ce qui est de la transmission du VIH de la mère enceinte infectée à son bébé, il existe deux types de traitements préventifs (AZT et Névirapine), qu'on administre à la future maman et au nouveau-né. Le programme camerounais de prévention de la transmission mère-enfant (PTME) distribue gratuitement la Névirapine à toutes les femmes enceintes séropositives et à leurs bébés. Reste alors au séropositif à surveiller son alimentation, respecter les règles élémentaires d'hygiène, entretenir sa forme physique et psychique, éviter les excès (alcool, tabac). Les spécialistes disent qu'on peut ainsi vivre des dizaines d'années sans faire la maladie. Et plusieurs exemples de personnes vivant avec le VIH l'attestent.

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