Camélia Tebbi
1 Décembre 2003
Notre équipe nationale de handball en est à sa 3e participation (la deuxième consécutive) à la Coupe du monde qui se tiendra en Croatie (2-14 décembre 2003).
La première participation d'une équipe féminine tunisienne de handball à une Coupe du monde remonte à 1975. Notre apparition fut extrêmement timide et nos résultats très faibles.
Depuis, beaucoup de choses ont changé. Ces dernières années, l'Etat a entouré de toute sa sollicitude le sport tunisien. Ainsi, des instructions ont été données afin de promouvoir ce secteur en lui accordant tout ce dont il pourrait avoir besoin pour son décollage.
Toute l'approche a été revue afin que nous fassions des réunions régionales, continentales ou internationales des occasions propices pour démontrer au monde que la Tunisie est finalement un pays capable de réussir des performances.
Toutefois, si les résultats ont commencé à se faire sentir au niveau masculin et ce n'est pas par hasard que nous échoit l'honneur d'organiser, en 2005, la Coupe du monde de handball (Hommes), les progrès tardent à se concrétiser au niveau féminin.
Cinq mois de préparation
La préparation de notre sept national pour la Coupe du monde a débuté depuis la saison écoulée, avant de prendre plus d'ampleur dès la fin de la saison. Un programme copieux, allant crescendo, a été concocté afin de se présenter dans les meilleures conditions le jour «J».
L'entraîneur national, Abderrahmane Hammou et son adjoint, Mohamed Ali Semchaoui, ont entamé les choses sérieuses à partir du début du mois de juillet avec un groupe de 25 joueuses. Le noyau dur de l'équipe nationale étant constitué des éléments appartenant aux deux meilleurs animateurs du dernier exercice, en l'occurrence l'ASF Sahel et l'AS Ennour Ariana. Ce qui ne manquera pas d'apporter un certain équilibre à l'équipe. Au cours de ces cinq mois de préparation, le staff technique a donné sa chance à tout le monde et a testé l'ensemble avant de limiter ses choix aux 16 joueuses qu'il estime les plus aptes à représenter dignement notre pays.
La préparation s'est déroulée principalement en Tunisie, en trois phases. A l'issue de chacune d'entre elles, des tests évaluatifs, consistant en des matches amicaux ou des tournois, sont venus éclairer les entraîneurs nationaux sur les aspects de notre jeu devant être revus ou améliorés.
Les stages se sont succédé dès juillet entre Tunis, Sousse et Monastir. En outre, la sélection a participé à deux tournois internationaux et joué plusieurs matches amicaux face à différents types d'adversaires. Clubs étrangers et sélections ont donc donné la réplique à notre équipe qui a pu, ainsi, peaufiner tous les secteurs du jeu en essayant de trouver les meilleures solutions et les joueuses idoines pour l'application de certains schémas tactiques. Indépendamment du résultat de ces différentes confrontations, ces rencontres ont été édifiantes pour permettre au staff technique de revoir les aspects du jeu qui posaient problème.
A cet effet, une attention particulière a été portée au volet physique, domaine où nos féminines enregistraient un retard énorme ne leur permettant pas d'aborder une compétition d'une telle envergure sans laisser des plumes. En cinq mois, les progrès sont considérables.
Hammou : «Le fossé n'est plus ce qu'il était»
L'entraîneur national, Abderrahman Hammou, nous avait dit à ce propos et à la suite de la 28e édition du tournoi international "Silésia Cup" de Pologne qui s'est déroulé à la fin du mois d'octobre et qui avait vu la participation de l'Islande, de la Slovaquie, de la République Tchèque, de la Pologne et de la Tunisie que «lorsque nous avons commencé à nous mettre sur la même longueur d'ondes au niveau de cet aspect du jeu, la différence n'était plus aussi grande et le fossé n'est plus ce qu'il était».
Avant, la "Silésia Cup", notre équipe nationale avait participé fin août, à un autre tournoi international. Organisé par les Yougoslaves de Kinjaz Milos, ce tournoi a regroupé, entre autres, des clubs de Nationale A polonais, croate, bosniaque ainsi que les Belgradois de Hummel Rosa.
Ces stages et ces tournois ont eu un impact positif sur la qualité de cette préparation comme nous l'avait alors confirmé, l'entraîneur national adjoint, Mohamed Ali Semchaoui, à la fin de la seconde phase préparatoire, en précisant: «Nous sommes vraiment contents du travail réalisé. Les joueuses ont fait d'énormes progrès à tous les niveaux. Elles s'engagent beaucoup plus et ont gagné en vitesse surtout pour les remontées de balle. L'aspect tactique prend de plus en plus d'importance dans la mesure où nous pouvons mieux les appliquer grâce à notre meilleure condition physique. D'ailleurs, l'application des schémas tactiques et la concentration au cours des matchs seront des aspects importants à travailler au maximum lors de la dernière phase de notre préparation...».
Mieux équilibré
Enfin, la dernière ligne droite est passée par le Portugal où le staff technique a pu compter sur un effectif au complet puisque notre professionnelle Rafika Marzouk qui évolue en France avait alors rejoint le groupe et lui a apporté une intéressante contribution au niveau du jeu.
L'entraîneur adjoint ajoutera à la suite de cet ultime déplacementque«l'équipe était mieux équilibrée dans ses compartiments. Elle a marqué à partir de tous les postes et cela est important pour la suite des évènements. Rafika Marzouk, pour sa part, a dynamisé la partie droite et a eu un rendement défensif intéressant».
L'amélioration de la qualité de la préparation, par rapport à celle ayant précédé le Mondial italien, va contribuer à faire en sorte que le staff technique et les joueuses sachent ce qui les attend en Croatie et ne partent pas vers l'inconnu. Cela les poussera à faire aussi bien que lors du dernier Mondial en Italie (quatre défaites pour une seule victoire).
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.