Mahmoud Mamart
30 Novembre 2003
Le «premier Forum mondial du développement durable», organisé par la revue française Passages et centré sur les enjeux mondiaux de l'eau, de l'énergie et de la santé, et qui a réuni depuis jeudi à Paris plus de 200 participants, a pris fin hier.
La rencontre à laquelle ont pris part des chefs d'Etat, de nombreux ministres de la Santé et de l'Energie ainsi qu'une dizaine de grands patrons français, des chercheurs, des syndicalistes et des représentants d'ONG a été boycottée par des associations écologiques qui ont estimé qu'il ne répondait pas aux enjeux de leur secteur, selon l'AFP. Le forum a été sanctionné par une douzaine de recommandations. «Il faut, bien avant que les mécanismes de notation sociale puissent s'exercer, que les entreprises aient fait l'effort, voire soient obligées, par voie législative, d'élaborer de façon concertée avec leurs salariés une stratégie de développement durable adaptée à leurs activités», selon l'une de ces recommandations. Le forum propose aussi d'appliquer les mécanismes de notation sociale aux institutions qui financent les entreprises (fonds d'investissement, banques, etc.) et de créer dans les entreprises un conseil de développement durable, à côté du conseil d'administration.
Lors de son intervention en séance plénière vendredi devant le forum, le ministre des Finances Abdelatif Benachenhou a exposé quelques idées sur l'approche de l'Algérie concernant le développement durable.Sous le thème «la mondialisation, droits d'accès aux biens essentiels : l'eau, la santé et l'énergie», M. Benachenhou s'est demandé d'emblée, selon l'APS, comment concevoir le rôle et la place du politique dans la mise en oeuvre du développement durable, soulignant que le processus ne peut être engagé que s'il y a la volonté politique, avant de relever les défis qui se posent aux pays émergents et plus globalement aux pays en développement pour mettre en oeuvre des politiques cohérentes en matière de développement durable. M. Benachenhou est revenu sur les contraintes qui se posent aux pays en développement lors, notamment, des opérations de partenariat, en estimant qu'il faut une réflexion sur l'allocation internationale des ressources financières pour le développement durable, avant de plaider pour assurer la sécurité financière des Etats. Le poids de la dette des pays en développement a été mis en exergue, indiquant que le service de la dette algérienne est de l'ordre de 3,5 milliards de dollars. M. Benachenhou a ensuite plaidé pour la nécessité de prendre en compte, pour les pays en développement, «des espaces budgétaires afin d'accompagner la modernisation industrielle et l'insertion dans la mondialisation».D'autant, a-t-il dit, que «l'Etat n'est pas tout puissant en matière de tarification, qui dépend souvent des demandes de la société». «Il faut répondre aux besoins mais penser aussi aux moyens de l'Etat», a-t-il ajouté. Le ministre a évoqué en outre la sécurisation juridique des investissements et la stabilisation à long terme des relations Etat - entreprises. A ce propos, il dira qu'il faut réfléchir sur les montages financiers et l'obligation de résultat des entreprises et de l'opérateur industriel. Enfin, M. Benachenhou a montré des réserves sur la mise en place d'un observatoire ou d'une institution ad hoc de suivi du développement durable en affirmant qu'il conviendrait d'agir avec les institutions existantes.
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