La Tribune (Algiers)

Algérie: Préparation des états généraux des démocrates républicains - Saïd Sadi : «Avril 2004 ne sera pas une échéance banale»

Younes Hamidouche

30 Novembre 2003


Ces états généraux représentent, selon leurs initiateurs, une «opportunité» afin de «valoriser toutes les luttes» citoyennes démocratiques

Le président du RCD a procédé hier à Alger à l'esquisse de ce que seront les états généraux des démocrates républicains, prévus pour jeudi prochain. Ils auront, selon le Dr Sadi, à élaborer, primo, une «charte consensuelle» des démocrates républicains s'inspirant des textes fondateurs de l'Algérie contemporaine, secundo, lancer un «appel à la nation» pour une compétition électorale autour de projets et de programmes de société et non de clientélisme (poser les conditions pour éviter la fraude et baliser la participation de l'opposition démocratique), et, tertio, mettre en place un «comité ou structure provisoire» chargé de coordonner la dynamique de ce qui est résumé dans le concept de reconstruction nationale. «De tout temps, ma conviction était faite. La crise algérienne engageait le citoyen autant que le militant. Au demeurant, les initiatives lancées ces dernières années ont toutes visé à mobiliser les catégories sociales et politiques les plus larges et structurer, dans un cadre transpartisan, l'opposition démocratique», amorce Saïd Sadi dans sa déclaration lors de la conférence de presse animée hier à l'hôtel Sofitel par le «comité d'organisation des états généraux des démocrates républicains» dont les travaux auront lieu jeudi prochain.

Certes, les animateurs de la conférence d'hier, préparatrice de ce rendez-vous de l'opposition démocratique, ne se sont pas trop attardés sur un candidat, en des termes clairs, à la prochaine élection présidentielle mais il y a été affirmé qu'«avril 2004 ne sera pas une échéance banale» et que «la candidature d'une personnalité de l'opposition démocratique aura à valoriser les luttes politiques et sociales qui ont abouti aux ouvertures qu'il nous revient de défendre et à amener les autres compétiteurs à assumer leurs discours et propositions face à la crise». Cela dans le cas où «les conditions d'une élection régulière [seraient] garanties». «Ce que nous recherchons, c'est un compromis [ ] qui fasse que l'Etat démocratique et social soit une réalité», indique le principal conférencier. Dans cet ordre d'idées, s'inscrit la tenue des états généraux du week-end à venir qui représentent, selon leurs initiateurs, une «opportunité» afin de «valoriser toutes les luttes» citoyennes démocratiques. «Le plus important est d'arriver à ce que l'éparpillement des forces démocratiques soit dépassé», résume Saïd Sadi qui était entouré hier par des «citoyens qui ne sont pas là pour représenter des structures».Parmi eux, il y a lieu de citer deux avocates, Mes Aït Zaï et Sadat, l'ancien ministre Amar Azzouz, un responsable de l'une des fédérations UGTA (M. Azzi), une étudiante militante, un autre jeune citoyen-militant, le responsable de la Fondation Casbah Aussi, étaient notamment présents dans la salle le professeur Mohand Issad et l'universitaire Brahim Brahimi. «Nous sommes des citoyens actifs», résume Saïd Sadi à propos de la composante humaine attendue lors des assises de jeudi à Sidi Fredj (ouest d'Alger).

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Interrogé sur les échecs passés dans l'aspiration à la construction d'un pôle unissant les rangs des démocrates républicains, en citant le cas du MPR, Saïd Sadi a souligné que depuis les années 1990, «il y a eu des évolutions fondamentales [ ] La pression terroriste est moindre aujourd'hui [ ] Il y a aujourd'hui des failles dans le régime [ ] Il y a une situation de chinoiserie politique [ ]». «Donc, je ne crois pas que la situation soit la même», relève-t-il. En somme, à propos de probables partis et organisations qui seraient présents, Saïd Sadi souligne que l'essentiel ne réside point dans l'addition de sigles : «Nous ne sommes pas là pour embarquer des structures [ ] Il faut absolument regrouper [celles] qui souhaitent un changement alternatif.» Aux questions relatives à l'éventualité de son entrée en course lors de la présidentielle, Saïd Sadi ne s'est pas éloigné globalement de ce qu'il déclarait déjà il y a quelques semaines, à savoir que «si les règles du jeu sont ce qu'elles sont aujourd'hui, il est difficile de prendre part à une élection parce que nous savons très bien que ce ne sera qu'une fraude de plus et, probablement, une fraude de trop».

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