Notre Voie (Abidjan)

Côte d'Ivoire: L'Etat-major des FANCI suspecté : les jeunes militaires révoltés

Boga Sivori

30 Novembre 2003


Des soldats en colère :"Nous sommes prêts pour libérer le pays" Un groupe de soldats a fait une déclaration hier à la radio nationale. Nous la proposons intégralement en signalant que les deux soldats qui sont intervenus n'ont pas décliné leur identité.

Le porte-parole : "Tout ce que nous demandons, c'est que nous disons au président de la République qu'il a déjà mis tous les moyens à notre disposition. Les moyens militaires comme les moyens humains. Nous sommes aujourd'hui prêts, capables de libérer notre pays. Alors, nous lui demandons de dire à ces Blancs qui sont sur les lignes de front de dégager les lieux. Qu'ils dégagent les lieux dans les 72 h qui suivent pour qu'on libère notre pays.

De deux : Que nos chefs militaires, nos états-majors démissionnent. On ne veut plus d'eux. Le général Doué, on ne veut plus de lui comme chef d'état-major. Le général Touvoly également. On ne veut plus d'eux. Si le président de la République veut, il peut être chef d'état-major des armées ou nommer le ministre de la Défense. On est avec lui et on est derrière lui. Mais nous lui demandons de dire à ces blancs-là de quitter les lignes de front on va libérer notre pays".

Un autre : "Comme le patron vient de le dire, ça fait longtemps qu'on est dans cette histoire de guerre. On est fatigué. Aujourd'hui personne ne peut se rendre chez lui au village. Les gens de bonne foi qui demandent à libérer le pays, et qui s'en vont, on envoie des gens qui sont ici qui se disent loyalistes et par coup de fil qui donnent des ordres et qui bombardent nos engins. Ces autorités-là aujourd'hui s'enrichissent avec la guerre. Donc, elles ne veulent pas que la guerre finisse. Aujourd'hui, on est là. Demain, jusqu'après demain, que le président prenne ces décisions.

Aujourd'hui, il y a des chefs militaires. Quand on n'est pas capable de faire un travail, on laisse la place à ceux qui sont capables de le faire. S'ils ne veulent pas travailler, qu'ils nous libèrent. Le général Mathias Doué, s'il est incapable de donner des ordres, s'il est assaillant, qu'il se retrouve de l'autre côté. On ne veut plus le voir. Il n'est plus chef d'état-major". Le film de la déclaration à la radio Un groupe de gendarmes armés jusqu'aux dents, à bord de plusieurs chars de combat, ont pris, hier, d'assaut la radio nationale au Plateau. Et dans une déclaration qu'ils ont produite, ils ont exigé du président de la République de demander aux forces Licorne de quitter dans les 48 heures qui suivent la ligne de front afin qu'ils libèrent leur pays. Les gendarmes ont également exigé la démission du chef d'état-major, le général Doué, et le commandant supérieur de la gendarmerie le général Touvoly.

Selon des informations que nous avons recueillies auprès de Pierre Ignace Tressia, sous-directeur de l'information, c'est sur le coup de 17h que les gendarmes sont arrivés en grand nombre à la radio. Pendant qu'ils avaient encerclé la maison de la radio, leurs chefs sont montés au studio pour leur déclaration. Sur place, ils ont trouvé Paul Philippe, Constant Mahilet, Brou Konan Bertin, Mian Nestor et Benjamin Beda Atsé. "Nous sommes loyalistes, nous ne sommes pas venus pour nous soulever contre le président, nous le soutenons. Ne vous inquiétez donc pas", ont dit les gendarmes. Sur ce, Paul Philippe a demandé et obtenu d'eux l'autorisation d'appeler leur chef Tressia. M. Tressia qui, selon ses propres dires, se trouvait à Yopougon et s'apprêtait à aller chez son coiffeur s'est aussitôt jeté dans sa voiture pour se rendre à la radio. "Quand je suis arrivé et que je me suis annoncé, les éléments qui avaient entouré la radio m'ont aussitôt laissé passer. Et c'est quand je suis arrivé au studio qu'ils ont fait leur déclaration", a expliqué M. Tressia. Selon lui, les gendarmes, qui n'ont exercé aucune violence sur aucun agent, se sont aussitôt déportés à la télévision.

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