J.p.nkutu
1 Décembre 2003
Kinshasa — Dans le cadre de la journée mondiale du Sida, les responsables des agences spécialisées de l'ONU installées en RDC ont organisé une conférence de presse le vendredi à leur siège.
En guise d'introduction, le coordonateur résident de la FAO a pris la parole pour dire qu'en RDC, cette journée constituait une occasion pour faire le point sur les progrès accomplis et explorer les solutions novatrices propres au contexte socioculturel du pays.
Ainsi, grâce à cette rencontre avec les médias, plusieurs objectifs étaient recherchés. A savoir contribuer au plaidoyer international en vue d'une plus grande mobilisation et d'un engagement politique conséquent; lutter contre la stigmatisation dont sont victimes les sidéens, mais également faire le point sur la contribution de ces agences onusiennes à l'effort de la lutte contre le SIDA en RDC.
Après cette entrée en matières, les hauts responsables onusiens présents dans la salle se sont appesantis sur les attributions dévolues aux différentes agences avant de témoigner par des exemples concrets leurs engagements à la lutte contre le Sida. Le représentant de l'UNICEF a ouvert le bal en révélant qu'avec une séroprévalence de plus de 5%, la situation n'est pas encore dramatique en RDC. Néanmoins, si l'on ne prend pas des mesures appropriées, on court vers une hécatombe. Et d'indiquer que des personnes âgées de 15 à 45 ans sont souvent les plus exposées. Raison pour laquelle les agences de l'ONU ont écrit au Chef de l'État congolais pour l'alerter. Leur voeu est de voir le Président de la République prendre le leadership de la lutte contre ce fléau dans notre pays.
Évoquant les problèmes de prévention et de traitement pour les enfants, le représentant-résident de l'UNICEF a ajouté qu'il y a plus d'un millions d'enfants orphelins dans notre pays. Dans cinq ans, on parlera probablement de 1,8 millions d'enfants orphelins victimes de ce fléau.
Pour sa part, le délégué de l'O.M.S. a parlé d'abord de la mobilisation des ressources. Il a rappelé à l'assistance l'existence d'une nouvelle opportunité grâce à l'accès des malades aux antirétroviraux. La déléguée de la Banque Mondiale a relevé la contribution de cette institution financière dans le cadre de la lutte contre le Sida. Le centre national de transfusion sanguine en est la preuve, a-t-elle déclaré. Elle a ensuite ajouté qu'avec le financement que la B.M. compte mettre à la disposition de la RDC l'année prochaine, il y aura espoir d'amélioration.
Les délégués du Fonds des Nations Unies pour la Population, du Haut Commissariat aux Réfugiés, aux Droits de l'Homme etc.... ont mis en évidence la corrélation entre l'accroissement de la population et l'expansion du VIH/Sida. Leur souci est de prévenir l'infection et la réinfection des femmes enceintes et leurs partenaires. Ils sont revenus sur l'assistance sanitaire, la protection dont bénéficient les réfugiés et le voeu de voir le parlement de Transition protéger les sidéens par l'adoption d'une loi appropriée.
Invités à enrichir les débats, les journalistes ont émis des réserves sur l'implication réelle de notre gouvernement dans la lutte contre le Sida. Ils ont évoqué la difficulté d'accès aux antirétroviraux en RDC, la crainte d'un saupoudrage de l'aide de la Communauté Internationale en raison de la diversité des agences. Notre confrère Pierre KAMBIDI de Tshikapa a été la vedette de la journée de vendredi. Avec son franc-parler habituel, il a dit qu'à Tshikapa, le condom était inconnu. Pire, l'activité sexuelle y est très débordante. Or, a-t-il déploré, les agences spécialisées focalisent leurs activités à Kinshasa. Cette intervention a provoqué l'hilarité générale. Néanmoins, les journalistes se sont entendus dire que le rôle d'un gouvernement était de mobiliser des ressources internes et externes. Que l'arrière-pays n'était pas oublié.
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