Amar Rafa
1 Décembre 2003
Un mois seulement nous sépare des élections pour le renouvellement de la moitié des membres du Sénat, pour lesquelles les partis fourbissent leurs armes en vue de glaner des sièges au sein de cette instance législative dont la majorité est aux mains du RND depuis les élections de 1997.
Pour le FLN, qui a mis tout son poids dans la préparation de cette élection dont la date est fixée au 30 décembre prochain, il s'agit de démontrer que ses élus sont toujours fidèles à la ligne du parti, et démentir ainsi les affirmations des animateurs du mouvement de redressement dont le coordinateur général, Abdelaziz Belkhadem, a déclaré que plus de 3 000 élus ont rejoint les rangs du mouvement. Une année après les élections pour le renouvellement des membres des assemblées communales du 10 octobre 2002, le FLN, qui avait réussi à avoir sous sa coupe la majorité des assemblées élues -plus de 5 000- est actuellement en proie à des dissensions internes nées au lendemain du 8e congrès du parti. Ces tiraillements pourraient être préjudiciables au vieux parti et profiter au parti d'Ouyahia. Ce dernier est soucieux de garder sa majorité acquise au Sénat en 1997, à telle enseigne qu'on lui prêterait l'intention de vouloir nouer, pour l'occasion, une alliance avec le mouvement de redressement de Belkhadem. La course au contrôle du Sénat verra l'entrée en lice d'un autre concurrent.
Il s'agit du parti de Abdallah Djaballah, dont l'entrée dans la chambre haute constituera une étape importante dans son introduction dans les rouages des institutions après le Parlement où, malgré sa faible représentation, son groupe parlementaire s'est fait remarquer par une activité soutenue et s'est avéré une force de proposition de lois. L'introduction d'une proposition de révision de la loi portant régime électoral et d'un article dans la loi de finances 2004 pour l'interdiction de l'importation des boissons alcoolisées en est la parfaite illustration.El Islah, fort de ses 1 654 élus issus des élections communales du 10 octobre 2002, n'envisage pas moins de faire le jeu des alliances avec le FLN de Benflis, avec pour finalité : glaner quelques sièges au Sénat.Ces élections resteront toutefois amputées de la représentativité de la Kabylie, notamment les wilayas de Tizi Ouzou et de Béjaïa qui ne disposent pas d'assemblées élues. L'absence d'assemblées élues au sein de la majorité de la soixantaine de communes de ces wilayas susmentionnées, ainsi qu'à Bouira, est due à l'invalidation des résultats des élections communales de 2002. Le boycott des arouch aidant, ces résultats insignifiants devaient donner lieu à des élections partielles durant les quatre mois qui suivirent leur tenue, mais elles ont été reportées sine die. Il semblerait, toutefois, que pour pallier cette absence de représentativité de la Kabylie au prochain Sénat, dont les quatre sièges étaient détenus par le FFS, l'Etat aura recours à la désignation de représentants de la région dans le cadre du tiers présidentiel.
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