Fraternité Matin (Abidjan)
Ernest Aka Simon
1 Décembre 2003
Abidjan — L'eau... culturelle. Cet aspect de « l'or bleu » a été évoqué, samedi, dans le sable mouvant de Nigui-Saff, à la clôture du Festival de l'eau. Une apothéose en sons et rythmes du patrimoine culturel ivoirien. Africain aussi.
Au grand plaisir des officiels, honorables invités, autochtones et allogènes. Quand le plateau, flottant sur les eaux de la lagune Ebrié, s'ouvre sur les Amphibiens (enfants en Ahizi) de Jacqueville, certains spectateurs réclament les Nigui-Saff K. Dance. Et pourtant, ces enfants de cinq à neuf ans présentent le Mapouka du terroir. Pagne ou foulard noué autour de la tête, ils donnaient ainsi le départ d'un kaléidoscope de couleurs. Mais aussi de déhanchements sensuels de ces corps, embués de sueur et secoués d'ondes. Le public ne finit pas d'apprécier quand Kpodji, Kpodji Guèguè, Kaleta et Ogbontô, les masques de Tchamien, l'embarquent sur le lac Ahémé. A destination de Mono, un village lacustre béninois. Les Grands ballets du Bénin en profiteront pour gratifier ce public du Sakpata, une danse rituelle de la région de Zou. Intégration culturelle quand tu nous édifies sur nos similitudes artistiques. M. Mel Eg Théodore, ministre de l'Intégration et député de Jacqueville note avec satisfaction : «C'était une belle fête ».
Bien plus belle sera la prestation scénique de Mme Angèle Gnonsoa, ministre d'Etat, ministre de l'Environnement. Servante des masques Wè de l'Ouest, elle a émerveillé le public par ses pas de danse devant le masque Glè du Hahizé club. L'un des temps forts d'un Festival qu'elle a suivi de bout en bout. La foule, reconnaissante, l'a chaleureusement ovationnée. « Nous attendons, a-t-elle déclaré, avec impatience la deuxième édition du Festival ».
D'ici là, la réconciliation (Azounadré) sera une réalité. La compagnie nationale de danse en a donné un aperçu à Nigui-Saff, le « Temple » du Mapouka originel. Les festivaliers en seront servis. A satiété. Volcan, Toupie, Cobra et Bulldozer, les danseuses de Nigui-Saff ont fait bouger leurs reins de roseaux dans tous les sens. Eveillant des sens, à n'en point douter. Aux sons envoûtants des tam-tams glissant sur les vagues de la lagune Ebrié. Que tentent d'incendier les rayons dorés du soleil couchant. Signe du crépuscule d'un Festival que le Dr Pitté, le président, et des partenaires de l'eau auront réussi. A merveille !.
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