Malick Ndaw
1 Décembre 2003
Depuis quatre semaines, les autorités du ministère sénégalais du Commerce ont mis le pied sur la pédale pour empêcher une augmentation du prix du pain. Ceci devrait être la conséquence directe de la hausse frappant les importations de blé dont le cours sur le marché international a grimpé de l'ordre de 30%.
Le marché international du blé est nerveux et ce, depuis quelques mois. Aussi, c'est une hausse importante, de l'ordre de 30%, que l'on enregistre au niveau des cours mondiaux, et sur le marché européen particulièrement, cette évolution s'expliquerait par des raisons climatiques comme la sécheresse au centre de l'Europe, et l'hiver glacial à l'Est. Il s'en est en tout cas suivi une baisse de 20% de la production de ce continent, principal fournisseur de blé du Sénégal, et donc une forte appréciation des prix de cette céréale.
Une situation qui, en clair, risque en tout état, d'avoir des répercussions au Sénégal notamment sur le prix du pain qui pourrait augmenter. C'est par un communiqué parvenu hier, dimanche 30 novembre à notre rédaction, que le ministre du Commerce, Madame Aïcha Agne Pouye, fait savoir qu'en vue d'anticiper sur les conséquences négatives qu'une telle situation pourrait engendrer sur le marché sénégalais, son département a tenu une rencontre d'information, le vendredi 28 novembre avec les opérateurs nationaux représentant la meunerie, la boulangerie et la coordination des Associations de consommateurs. Il en ressort que l'opérateur principal de la meunerie, c'est-à-dire les Grands moulins de Dakar, avec les responsables du département du Commerce, s'est abstenu, depuis quatre semaines, précise le communiqué, " de procéder à la répercussion de la hausse frappant les importations de blé ".
L'observance du jeûne de ramadan durant le mois de novembre, ainsi que la prépondérance du pain dans le panier du consommateur en cette période, expliquent, toujours selon le communiqué, l'acceptation de l'opérateur principal de surseoir au réajustement de ses prix de cession jusqu'au 1er décembre 2004.
Mais c'est dans le même esprit, fait savoir le communiqué, et en direction des boulangers, que le ministre a invité les acteurs " à ne jamais perdre de vue le caractère hautement stratégique et social de ce produit qu'est le pain, et en appelle au sens des responsabilités qui a toujours sous-tendu les travaux du Conseil national de la consommation, pour la bonne protection du pouvoir d'achat de nos populations ".
Ce qui aurait eu comme conséquence que les participants, tenant compte de l'évolution de toutes les composantes, aient accepté de renvoyer l'étude de la structure des prix du pain, ainsi que de l'examen des mesures de régulation du secteur, à la prochaine réunion du Conseil national de la consommation qui aura lieu le mercredi 03 décembre 2003.
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