Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Coopération : l'équation des financements extérieurs

C. T. (stagiaire)

1 Décembre 2003


- L'accès des communes aux opportunités du capital étranger à la reculadeTrois raisons majeures fondent, selon le maire de la commune rurale de Massok-Songloulou (département de la Sanaga-Maritime dans province du Littoral), Raymond Aaron Kaltjob, le besoin des collectivités locales décentralisées d'accéder au financement international .

"Premièrement, les collectivités locales des pays en développement disposent de ressources domestiques structurellement insuffisantes face aux énormes besoins de financement de l'urbanisation, voire des fonctions municipales de base : hygiène et salubrité, cadre de travail du personnel, salaires et contributions obligatoires. Deuxièmement, les collectivités locales des pays en développement affichent une capacité d'investissement trop faible, voire nulle. Troisièmement enfin, les difficultés financièrs auxquelles se sont exposés nos Etats au cours des dernières années ont créé une sorte de rivalité entre le pouvoir central et ses démembrements dans la fiscalité locale et à l'occasion de l'accès à la trésorerie publique disponible."

Contribution

Surtout lorsqu'on sait qu'en Afrique en général, et au Cameroun en particulier, la contribution d'un habitant à la couverture des charges courantes et d'intervention de sa collectivité locale est en moyenne de 10 000 Fcfa par an. Contribution dérisoire, comparée à celle des autres régions du monde dans un contexte de mondialisation. Dans les pays arabes elle est de 32 500 Fcfa environ, contre 52 000 Fcfa en Asie du Sud-Est. La contribution annuelle des habitants d'Amérique latine et des Caraïbes s'élève elle à près de 170 000, alors qu'elle se chiffre à près de 2 millions pour ceux des pays industrialisés. Les possibilités existent nombreuses. Entre l'adhésion à des mouvements associatifs de portée mondiale ou régionale et la conclusion d'accords de jumelage, les collectivités locales ont la possibilité, grâce à la coopération décentralisée, d'accéder aux dons (généralement en nature, représentant du matériel d'équipement ou de bureautique prélevé sur le patrimoine du donateur ou financé par ce dernier), aux subventions (de nature fiduciaire destinée à conforter la surface financière de l'organisme bénéficiaire) et aux emprunts.

L'accès au capital étranger n'est toutefois pas une chose aisée. Sélectif et rigoureux, il obéit à des conditions à la fois préalables et spécifiques. Parmi celles-ci, une gestion transparente des finances municipales, la tenue d'un tableau des opérations financières de la collectivité locale et une maîtrise de l'engineering juridique et financier accompagné d'une rigueur budgétaire. L'autre condition, et non des moindres, c'est le niveau de décentralisation effectif dont bénéficie de la collectivité décentralisée demandeuse. Explication du maire de la commune rurale de Massok Songloulou : "Les milieux financiers extérieurs s'intéressent à cet aspect des relations entre le pouvoir central et les collectivités locales pour savoir si des pouvoirs financiers et fiscaux leur ont été aussi transférés, correspondant aux responsabilités (missions) qui leur ont été reconnues, notamment dans le cadre des investissements."

Notons que, les assises de la coopération décentralisée sur le thème "Faire des relations entre collectivités locales un axe majeur de la coopération France/Cameroun" qui ont démarré hier, s'achèvent ce jour. Un nouvelle opportunité à saisir par les maires camerounais pour plusieurs raisons. D'abord, par la qualité des thèmes abordés en atelier. Cinq au total : la coopération décentralisée et l'accès aux financements divers; coopération décentralisée et renforcement de la démocratie locale et du développement local; service technique et maîtrise d'ouvrage dans une collectivité territoriale : quel rôle pour la coopération décentralisée française au Cameroun ?; développement et coopération entre communes de montagne; commune forestière et communes littorales et coopération décentralisée et coopération intercommunale. Grand moment aussi par le nombre de participants étrangers. On compte parmi eux pas moins de trente élus locaux français et représentants d'associations. Le directeur général de l'Association des maires de grandes villes de France Christian Lalu et son homologue de Cités unies France, Bertrand Gallet ont ainsi fait le déplacement de Yaoundé.

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