Paul D. Tayoro
1 Décembre 2003
Le nombre de morts dans les évènements qui sécouent en ce moment la sous-préfecture de Ouragahio, est passé de huit à neuf. Le jeune Charles Guéhi du village de Grand-Gbassi, dont le bras était presque sectionné, à la suite de l'agression armée dont les autochtones sont victimes, est décédé le dimanche dernier à la clinique du verseau à Gagnoa où il avait été admis.
L'annonce de cette mort a été faite par le préfet René Mohiro qui a tenu un point de presse hier lundi, dans son bureau. "Le bilan fait désormais état de 11 morts et 9 blessés avec deux gendarmes venus de Guibéroua, pris en otage mais à présent libérés", a-t-il indiqué devant les journalistes.
Dès l'intervention des éléments des forces de l'ordre et le survol de la forêt qu'ils occupaient par les hélicoptères, les agresseurs ont caché leurs armes pour sortir les mains vides, et se rendre, l'un après l'autre, dans les villes environnantes dont Oumé, Sinfra, Ouragahio et Gagnoa. Trois parmi eux dont le nommé Fatogoma qui recrutait les "combattants", ont tenté de tenir tête aux gendarmes.
Ils ont donc été abattus. Les enquêtes se poursuivent et quelques -uns ont été pris, dont le jeune Koné Klanon, se disant originaire du village de Nigouni, dans le Nord de la sous-préfecture de Tengrela.
Il avoue avoir été enrôlé de force par Fatogoma qui l'a ligoté et fait battre pour le contraindre à le suivre dans sa campagne contre les autochtones.
Il avoue donc avoir pris part aux attaques et cite Ouattara Lassina dit Lasso, également originaire, selon lui, du village de Basso dans la sous-préfecture de Tengrela et vivant dans le village de Grand-Bassi, comme un des responsables de l'agression.
Mais Lasso, qui prétend ne comprendre aucun mot français, nie tout en bloc.
Selon lui, il serait venu de la ville d'Oumé pour rendre visite, à son oncle malade, à Ouragahio. Et c'est là qu'il aurait été pris par des gendarmes.
Malgré toutes les questions des agents de sécurité, Lasso, un solide gaillard, s'en tient à sa déclaration sans sourciller. Mais Koné Klanon a été présenté très mal en point aux gendarmes. Incapable de se tenir debout, il grélotte et a des plaies sur tout le corps. C'est donc avec difficulté qu'il s'est adressé aux enquêteurs. Pour se plaindre d'avoir été battu et malmené, durant toute la nuit par ses co-détenus qui lui reprochent d'avouer leurs méfaits et de vouloir les livrer ainsi à la justice.
"La situation de crise de cohabitation entre autochtones, allogènes et étrangers dans le département de Gagnoa, résulte à nos yeux de la crise de confiance, engendrée par la guerre. Il faut donc restaurer à tout prix cette confiance car il y va de la paix et du développement du département de Gagnoa", a pour sa part, soutenu le préfet Mohiro. Dans ses propositions de sortie de crise, il demande, entre autres, la sécurisation de toute la zone en faisant appel aux militaires et gendarmes du département et au besoin, des renforts pour appréhender les agresseurs et les désarmer ; l'exécution effective, dans les meilleurs délais, de la mesure de désarmement et de retrait des armes à feu illégalement détenues par les allogènes et étrangers ; le recensement de tous les allogènes et étrangers vivant dans les villages et campements de la circonscription et leur intégration avec la construction d'une résidence principale.
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