Le Bureau Politique
1 Décembre 2003
Le nouveau premier secrétaire de l'USFP Mohamed Elyazghi a présenté ce week-end la plate-forme d'action du Bureau politique
"L'annonce du retrait du camarade Abderrahman Youssoufi de l'action politique n'a pas été un évènement ordinaire, annonçant seulement qu'un dirigeant national d'un parti progressiste qui a marqué l'histoire du Maroc indépendant quittait la scène politique. Mais cela a été le signal du déclenchement d'une nouvelle étape, qui prend la relève d'une période politique animée principalement par les dirigeants du Mouvement national. Lesquels dirigeants et à leur tête Abderrahman Youssoufi, ont fourni un effort permanent, pendant cinq décennies, pour défendre l'indépendance du pays, son unité et sa liberté, consolider l'Etat de droit, développer la vie constitutionnelle, garantir la pluralisme et les libertés publiques et réaliser la transition démocratique dans des conditions qui préservent l'unité de la Nation et les acquis nationaux.
La décision de retraite est survenue aussi, à un moment crucial, ce qui lui a donné une charge politique et éthique particulière, nous interpelle en tant que militants de l'USFP et aussi tous les démocrates dans notre pays. Car, les questions de l'édification démocratique, du développement économique et social, de la crédibilité de l'action politique, du renouvellement des élites, de la productivité des institutions élues, du rôle des partis politiques, de la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme surtout après les évènements du 16 mai dernier, toutes ces questions nous concernent directement, puisqu'elles nous imposent la nécessité de nous reconstruire, de renouveler nos méthodes de travail, de préciser nos priorités, de clarifier notre vision politique pour mieux contribuer et de manière plus efficace et influente à la vie publique, et rendre les jeunes et l'ensemble des citoyens, confiants en la capacité de l'action politique à construire une société solidaire, soudée et prête à affronter les défis présents et à venir.
Les fondamentaux de la nouvelle étape
Le Bureau politique, en estimant à sa juste valeur l'importance de l'expérience dirigée par Abderrahmane Youssoufi, aussi bien sur le plan national que du parti, réitère son soutien aux avancées réalisées, tout en restant attentif à l'impératif d'approfondir l'action unitaire en faveur de la démocratie, de la modernisation du parti, de l'ancrage de la culture de la rigueur gestionnaire et responsable, d'un parti qui a dirigé l'opposition au Maroc pendant plus de trente ans. Et nous devrons, eu égard aux conditions dans lesquelles le camarade Youssoufi annonçait sa retraite et le sens de sa décision, considérer que l'étape à venir doit être celle de la recherche claire et courageuse des meilleurs moyens nous permettant d'assumer tous nos responsabilités pour poursuivre le processus militant avec la solidarité, l'auto-critique, l'ouverture et la réhabilitation des valeurs de la responsabilité et la fidélité au patrimoine éthique de l'USFP, qui a toujours été notre plus grand capital.
Ainsi, un dialogue franc et large a eu lieu entre les membres du Bureau politique sous la direction du premier-secrétaire adjoint le camarade Mohamed Elyazghi. Un dialogue qui ne s'est pas limité à la question de principes concernant la consolidation, la modernisation du parti et la démocratisation de ses structures, le renforcement de l'action collective et la répartition des responsabilités au sein de ses structures. Mais le débat s'est approfondi, avec le diagnostic des dysfonctionnements, et la précision des priorités de l'action future.
L'ensemble des membres est parti de cette conviction commune, à savoir que l'expérience de l'alternance a ouvert de nouveaux horizons pour le parti ce qui exige, lors du prochain congrès, une évaluation de l'expérience et de toutes les batailles qu'elle a nécessitées, en particulier celles concernant les élections législatives et communales précédentes. Parce que cette évaluation nous permettra de mesurer de manière précise et claire ce que cette expérience a accumulé comme acquis positifs, ce qu'elle a provoqué comme bouleversement et ce qu'elle a généré comme conséquences négatives qu'il sera nécessaire d'affronter. Les grandes aspirations que le peuple marocain a fondées sur cette expérience nous imposent une lourde responsabilité qui exige de nous la remise en cause et le réexamen nécessaires pour éviter tout échec ou retour en arrière.
Tout le monde a acquis aussi la conviction commune que le séisme qui a secoué le Maroc le 16 mai 2003, nous impose de mettre au-devant de nos priorités politiques l'immunisation de notre jeune démocratie, la lutte contre les problèmes sociaux, la construction de nos institutions représentatives sur des bases solides, crédibles et efficaces.
Ce choix exige une réflexion sérieuse permettant d'affronter tout ce qui peut affecter la vie politique du pays, affaiblir son épanouissement, et vider la démocratie de sa substance d'éthique et de progrès.
Il est nécessaire que l'Union socialiste des forces populaires, eu égard à sa dimension historique et sociale, sa position et sa force au sein du paysage politique, sa contribution incontournable dans tout équilibre politique et culturel dans le pays, participe de manière claire au débat national pour soutenir la démocratie, accomplir les conditions de la réforme politique et économique susceptible de développer notre pays et lui garantir la stabilité. Redonner espoir aux jeunes et à l'ensemble des citoyens exige le combat contre la falsification des élections, l'éclatement des entités politiques, l'affaiblissement du civisme et la perte des références. Et ce sont des dangers qui menacent notre société et constituent une véritable source de préoccupation pour l'élite, la classe moyenne et l'ensemble du peuple marocain. Et il n'est pas possible d'affronter les défis imposés par la préservation de notre intégrité territoriale, la construction du Maghreb arabe uni, la mise à niveau de notre économie et l'intégration à la globalisation sans une situation matérielle et morale transcendant ces dangers.
Le Maroc avec toutes ses composantes a exprimé son engagement dans le processus global de réformes auquel Sa Majesté le Roi Mohammed VI accorde toute son attention et sa sollicitude. Les chantiers ouverts dans les domaines de l'éducation et la formation, de l'économie, de la lutte contre la pauvreté, des problèmes de la femme et de la famille, de l'amazighité et des médias, sont autant de preuves supplémentaires de la volonté claire de l'Etat marocain de lier la modernisation du pays à la consolidation de son tissu économique et social, à la construction de l'Etat de droit, de l'élargissement et l'ancrage des libertés. Et c'est dans ce lien, justement, que résident les possibilités de la mobilisation générale pour la défense de notre intégrité territoriale.
USFP, les missions de la modernisation et de la mise à niveau
L'USFP a vécu des situations difficiles, en matière de gestion de ses affaires, ses relations et ses divergences internes. De même, il a traversé des phases délicates quant à la gestion de ses batailles politiques.
Mais si le prochain congrès est le moment naturel d'évaluation globale de ces problèmes, le début de la nouvelle étape exige de nous la redynamisation des décisions du VIème congrès, dont nous devons diagnostiquer les dysfonctionnements et les traiter en vue de préparer notre prochain congrès dans des conditions organisationnelles et politiques à même de nous permettre d'assumer entièrement notre rôle dans le champ politique national.
1- Nous avons connu sous nos directions historiques un climat de consensus et d'unanimité qui a des avantages évidents. Mais ce climat a imposé au parti des entraves qui ont largement contribué à l'apparition du sectarisme, de l'égoïsme et de la perte de temps, dans des luttes marginales, dans l'absence des règles claires du fonctionnement, de l'évaluation de l'action et du dialogue interne. Et il est temps d'appliquer avec le début de cette nouvelle ère les règles de la gestion démocratique: l'élection, la concurrence loyale, la préservation des droits de la minorité et la garantie des conditions et des moyens permettant à la majorité d'appliquer son programme politique et organisationnel.
2- L'USFP un parti enraciné dans le tissu social marocain, avec des instances et implanté dans toutes les régions du Maroc, a connu ces dernières années un certain recul, en matière d'intégration dans ses rangs de nouvelles forces et de nouvelles générations.
Et si les élections ont offert au parti l'opportunité d'élargir son audience, il n'en demeure pas moins que seule une action organisée et permanente, hors de la pression électorale, permettra à l'USFP de s'ouvrir sur de nouveaux horizons plus larges et de renforcer ses rangs par l'apport de nouvelles générations.
Parmi les entraves de cet élargissement et de cette ouverture, il est à relever la lenteur de la communication au niveau des responsabilités à l'échelon local, national et régional, ce qui a engendré la constitution d'entités bureaucratiques liées à des personnes. Des liens, qui entravent une ouverture à même d'enrichir les instances du parti et de renforcer leur efficacité et présence. Dans la perspective de la nouvelle étape, il est devenu nécessaire de faire un effort important pour récupérer les compétences gelées, s'ouvrir sur toutes les synergies que recèle notre société et restructurer nos instances régionales et sectorielles pour qu'elles soient un pôle permanent d'attraits pour les compétences.
3- L'USFP a présenté à chacune des étapes de son action militante nationale et démocratique, à ses militants, des perspectives claires leur permettant d'affermir leurs convictions et leurs engagements à la lumière d'une référence claire pour des objectifs précis. Et le congrès extraordinaire qui a eu lieu, il y a près d'un quart de siècle, en constitue l'une des étapes décisives à laquelle se refère le parti aujourd'hui. Il est certain que l'USFP a besoin aujourd'hui de repenser ses missions, ses références et objectifs. L'USFP est fermement convaincu qu'il est nécessaire de reconstruire le rang national, avec toutes ses composantes, pour défendre la démocratie, l'édification de l'Etat des institutions, renforcer les valeurs du civisme et moraliser la vie publique.
Et les conditions favorables à cette approche passent nécessairement à travers la réorganisation interne, l'écoute des préoccupations des citoyens et la confirmation des références du parti, en tant qu'organisation démocratique, progressiste et socialiste qui milite en faveur des valeurs du progrès, de la modernité et de la solidarité.
La réorganisation interne ne peut se faire sans la valorisation de l'effort intellectuel et culturel au sein du parti pour définir son identité et ses références. De la même manière que cela n'est pas possible, sans l'effort sur soi-même pour renforcer l'unité, sans pour autant hypothéquer le droit à la différence et sans une réconciliation véritable et forte entre les membres du parti et la diversité de ses expressions et la préservation de l'autorité du parti, la dignité de ses membres, de leur fierté d'engagement, la fin des conflits stériles et l'ouverture sur la société ainsi que la démocratisation du parti et l'abandon des méthodes organisationnelles obsolètes du passé.
S'il est vrai que chaque étape possède des méthodes de travail qui lui sont spécifiques, force est de reconnaître dans ce contexte que les appareils de l'USFP, et à leur tête, l'appareil du Bureau politique, ont besoin d'une réforme globale.
Il est nécessaire de procéder immédiatement à l'instauration des principes de l'action démocratique, laquelle requiert l'acception des divergences ainsi que leur gestion par le dialogue et les concessions partagés, tout comme elle demande une volonté de cohabitation et d'action commune quelles que soient les différences, ce qui impose notamment l'introduction de mécanismes nouveaux pour gérer le pluralisme au sein du parti et la révision du mode et du processus des prises des décisions.
Il faut également dépasser les séquelles du passé par un dialogue profond avec notre propre histoire en vue de la comprendre, l'intégrer et en faire un patrimoine commun de tous les militants.
L'édification de l'avenir du parti doit se faire sur la base de la solidarité des responsables de ses appareils dirigeants et leur non-recours aux moyens de fragilisation du parti tels que l'exportation des conflits aux bases des militants, la mise à profit des pressions extérieures ou les campagnes médiatiques pour influencer les décisions de l'appareil. Le parti qui se veut uni ne peut réussir à conserver cette unité en noyant ses militants dans des conflits internes au lieu de recourir aux principes de la démocratie et à la protection de la vie interne de ses structures. D'où la nécessité aujourd'hui et en vue de parvenir au septième congrès national du parti dans un climat marqué par des relations objectives et un travail commun et solidaire, d'orienter tous nos efforts pour la restructuration organisationnelle du parti, le renforcement de ses secteurs fondamentaux, notamment les jeunes et les femmes, l'élargissement de ses bases, la formation de ses cadres et la dynamisation de ses appareils nationaux et locaux.
La pratique politique a démontré que parfois certaines organisations du parti ne parviennent pas à accomplir leurs missions et ce, pour des raisons objectives, matérielles ou morales. Mais il arrive très souvent que l'impuissance de ces organisations revient à des causes subjectives.
L'analyse d'un tel phénomène devient un besoin urgent. Il faut s'interroger sur l'impact de l'érosion de l'autorité morale du parti sur ses appareils, structures et militants et l'un des aspects les plus dangereux de cette érosion est son atteinte au statut moral du Bureau politique dont les membres sont devenus la cible de campagnes empoisonnées, d'injures et de diffamation.
Les bases du parti posent à leur direction la question des effets d'affaiblissement de l'autorité morale du parti chaque fois que celui-ci omet de réagir et de sanctionner. Cette situation incompréhensible a besoin de clarification. Ou bien le parti relève d'une seule organisation intégrée dans une même plate-forme politique et juridique, ou bien il sera plus adéquat d'ouvrir le champ à l'organisation de tendances selon des bases et principes précis et définis. Sans cela, la continuité du laxisme et de la confusion ne peuvent conduire qu'à la réédition des scissions.
Aussi, la clarté est requise: organiser la liberté au sein du parti et protéger son autorité morale sont les moyens nécessaires à l'édification d'un parti organisé et moderniste.
Le sujet de la presse du parti et de sa communication est devenu une affaire soumise au débat public au gré des crises intermittentes ou chroniques que connaît le parti.
Nous réalisons que les causes qui président à l'expression de cette problématique sont liées aux mutations survenues dans le domaine de l'information et à notre conception des tâches politiques et d'information devant être remplies par nos institutions de presse et leur avenir.
Pour traiter cette problématique, nous devons examiner la politique médiatique du parti dans son volet concernant le rôle et l'avenir de l'information institutionnelle ainsi que dans celui relatif à notre manière de traiter avec le marché de l'information et ses différents créneaux et tribunes y compris ceux qui nous sont liés de près ou de loin.
Il est nécessaire d'examiner cette question dans ses aspects relatifs à la presse du parti, celle qui lui est proche et la presse indépendance dans une vision d'ensemble qui intègre le cadre futur auquel devraient accéder les institutions du parti dans le contexte des mutations en cours. La clarté sur ce point impose une vision d'avenir qui garantit à la fois l'indépendance du parti et celle de la presse.
Un programme de travail pour tous les Usfpéistes.
Nous abordons quatre années décisives dans l'histoire du Maroc, il est de notre devoir de réaliser avec un noble esprit patriotique que l'édification d'un Etat démocratique moderne dans notre pays exige des partis démocratiques modernes et un tissu politique solidaire, fort et propre. Il est de notre responsabilité de nous dresser avec détermination contre toute rechute de notre projet démocratique et contre toute détermination qui détruirait les acquis réalisés après de longues années de luttes.
Le Bureau politique, après une concertation profonde et franche entre tous ses membres, estime que la situation impose la mise en oeuvre immédiate d'un programme qui ouvre à tous les militants des chantiers de travail dans lesquels ils doivent s'investir d'urgence.
Fonctionnement du parti et ses institutions
L'évaluation de l'expérience des institutions de l'USFP et notamment l'institution du Bureau politique a démontré qu'il y a trois questions sur lesquelles il faut convenir pour permettre à celle-ci d'être apte à remplir les tâches dont elle a la charge. La première est relative aux principes devant orienter l'action du Bureau politique et que nous devons adopter comme mécanismes régissant nos relations internes, diriger notre travail et être respectés par tous. Cela implique:
Primo: l'action collective et la répartition effective des responsabilités.
Secundo: le dialogue, la franchise et l'autocritique
Tertio : l'écoute et le respect de l'opinion différente
Quarto : l'évaluation continue du travail effectué comme moyen pour l'amélioration de l'efficacité et de la rentabilité.
La seconde question est relative à la modernisation des systèmes de travail au sein du Bureau politique et ce à travers :
-La répartition des tâches entre les membres du Bureau politique, laquelle exige la réactualisation et la mise en oeuvre du règlement intérieur de cette institution et la remise en cause de la conception organisationnelle établie en vue d'impliquer tous les membres sur la base de l'expérience concrète vécue depuis le sixième congrès et conformément à ses résolutions.
- La régularité des réunions du Bureau politique et la présence assidue de ses membres.
- La définition des priorités et le traitement des dossiers fondamentaux.
-La communication extérieure et la diffusion de l'information auprès des militants et de l'opinion publique.
La troisième question concerne les fronts de notre action dont nous devons d'urgence préciser les programmes et le calendrier de réalisation :
1- La commission administrative et son mode de travail. Il s'agit de changer radicalement le rôle que cette institution remplissait de fait en la transformant d'un forum de critiques et de revendications à une institution de débat des questions du parti et de la société et un lieu de prise des décisions collectives dans un cadre démocratique, de l'engagement pour concrétiser ces mêmes décisions sur le terrain ainsi que de leur évaluation.
2- Les commissions nationales issues de la commission administrative doivent constituer un cadre adéquat pour débattre de toutes les questions fondamentales et élaborer les propositions qui seront soumises à la commission administrative pour en délibérer et trancher.
3- Le Comité central : Cette institution doit également subir une remise en cause de son mode d'action pour devenir une institution agissante et influente dans la vie du parti et être un véritable parlement de l'USFP vu ses composantes territoriales et sociales profondes.
4- La jeunesse de l'USFP doit requérir tout l'intérêt du Bureau politique en vue de retrouver sa position au sein de la jeunesse du pays et ses capacités de mobilisation et pour continuer à être l'un des affluents fondamentaux du parti.
5- Le secteur féminin de l'USFP qui joue un rôle fondamental dans la vie du parti nécessite un soutien pour élargir son rayonnement notamment dans le contexte propice des réformes survenues dans le Code de la famille et les espoirs que celles-ci ont provoqué au sein de larges couches sociales.
6- La Fédération démocratique du travail : Ce nouveau-né qui a cumulé des acquis énormes dans un laps de temps et dans une conjoncture partisane exceptionnelle exige de nous un soutien continu et une mobilisation politique pour parachever sa structuration interne et appuyer les luttes sociales dans lesquelles il est engagé.
7- Les conseils municipaux et ruraux et des Chambres professionnelles dont le nombre et l'étendue géographique importants imposent au parti la mise en place d'un plan cohérent d'encadrement et de suivi sur la base du programme présenté lors des dernières élections. Il faut dynamiser dans ce cadre la Fondation socialiste de l'action communale et la Fondation de l'action rurale afin de remplir leur mission dans ce domaine.
8- Le groupe partenaire dans les deux Chambres qui assume déjà la responsabilité de ses missions classiques doit établir également un programme comprenant les initiatives à prendre et les mécanismes de coordination avec le groupe gouvernemental pour garantir la cohésion et la cohérence nécessaires à l'action des deux institutions.
9- A propos du groupe des ministres socialistes et sur la base de l'expérience au sein de l'actuel gouvernement, il nous faut réfléchir aux démarches que nous devons entreprendre pour dynamiser l'action gouvernementale et déterminer les questions à soulever au sein du gouvernement afin que l'USFP garde et défende l'initiative des réformes fondamentales conformément à ses propres engagements auprès des citoyens. Une telle option recquiert une coordination ininterrompue et régulière entre le groupe des membres socialistes du gouvernement et les institutions du parti.
Parallèlement, il faut réactiver les mécanismes de coordination avec la majorité gouvernementale pour assurer la cohésion de ses composantes et éviter tout ce qui est susceptible de porter préjudice au fonctionnement et au développement de l'action gouvernementale.
10- Etant convaincus que le Bloc démocratique demeure toujours un cadre politique nécessaire pour faire avancer le processus des réformes, nous estimons qu'il est nécessaire de procéder à sa redynamisation et sa relance.
Cela exige de notre part une évaluation objective et franche de l'expérience de ce bloc en vue de tirer les leçons des erreurs du passé et de les dépasser en fondant les actions à venir sur de nouvelles bases.
11- Dans la perspective de jeter les ponts avec les autres potentialités progressistes et démocratiques et l'élargissement du camp démocratique et moderniste dans notre pays, notre parti se doit de prendre également des initiatives en direction des autres sensibilités et composantes de la gauche démocratique pour un large courant de solidarité et de soutien mutuel.
12- Enfin, la mise en oeuvre sur le plan médiatique de la gestion politique de tous ces fronts, nécessite une nouvelle politique de communication et d'information dans laquelle la presse du parti doit jouer un rôle d'avant-garde.
D'où la nécessité d'une pause de réflexion approfondie en vue d'évaluer l'expérience de cette presse et ce, dans la perspective de surmonter les déséquilibres et de mettre en place une nouvelle gestion permettant aux institutions de la presse du parti de jouer son rôle dans la diffusion de notre ligne politique et dans la mobilisation de l'opinion publique partisane et nationale.
II- Préparation du 7ème congrès national
Notre ambition à tous est que les prochaines assises de l'USFP soient un congrès national ordinaire nous permettant d'évaluer, sereinement et d'une manière responsable, le bilan de notre gestion de la ligne politique et organisationnelle ainsi que l'occasion d'examiner les questions fondamentales auxquelles notre parti et notre pays sont confrontés à même de prendre les résolutions adéquates.
Tous les congrès de l'USFP depuis les assises extraordinaires de 1975 se sont déroulés dans des conjonctures exceptionnelles, ce qui n'a pas permis toujours au parti d'exploiter convenablement les résultats de ces congrès et leur mise à profit aux niveaux politiques et organisationnels.
Nous aspirons à ce que le prochain congrès soit une étape fondamentale dans l'histoire de notre parti pour la consolidation des valeurs de la modernité et de la démocratie dans ses institutions et l'inauguration du processus d'ouverture et de rénovation de ses structures et de ses mécanismes de fonctionnement et de travail.
Nous aspirons également à ce que le prochain congrès soit l'occasion pour l'élaboration d'un programme politique et d'organisation pour mobiliser les militants et les citoyens afin de gagner les prochaines élections dans des conditions politiques meilleures.
Et nous sommes convaincus que l'accès fondamental à la réalisation de ces objectifs réside dans notre convergence unanime sur une nouvelle approche de préparation du congrès et une nouvelle manière de formulation des questions organisationnelles et politiques que celui-ci aura à examiner et trancher.
La réalisation de cette évolution exige de nous, aussi bien en tant qu'individus que collectifs, de déployer nos efforts pour surmonter nos subjectivités et réviser nos comportements les uns envers les autres, plaçant notre responsabilité en premier, conformément aux attentes des usfpéistes, des sympathisants et de tous les citoyens qui portent dans leur coeur notre parti comme force d'avant-garde dans la lutte pour le développement du pays, le progrès et l'épanouissement de notre peuple".
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