Libération (Casablanca)

Maroc: Précurseur

Salah Sbyea

1 Décembre 2003


opinion

L'élection du nouveau premier secrétaire des socialistes et comme à chaque fois qu'il s'agit de l'USFP, a suscité l'intérêt unanime notamment des médias.

Il faut dire que le sujet en lui-même est d'une grande importance, puisqu'il s'agit du changement à la tête de l'une des principales composantes du paysage politique marocain et un acteur fondamental du processus politique de transition démocratique que connaissent le Maroc et le projet sociétal de la Nation tout entière.

L'intérêt porté à ce parti est tel que le sujet en est devenu, à tort ou à raison, une sorte de thème porteur, commercialement s'entend, pour la presse et grand paradoxe, particulièrement pour une certaine presse qui a fait du dénigrement systématique son sacerdoce.

Mais au-delà de l'intérêt que le parti socialiste marocain suscite, l'élection de M. Mohamed Elyazghi à la tête de l'USFP est à la fois sur la forme aussi bien que sur le fond d'un intérêt important pour la scène politique marocaine. Sur la forme d'abord. Jamais cet aspect somme toute ordinaire dans la vie des partis, n'a autant suscité commentaires, analyses, souvent même des débordements et de la désinformation.

Et comme à l'accoutumée, les faits, finissant par prendre le dessus, ce véritable feuilleton ramadanesque s'est terminé par une chose rare à de telles occasions. Une conférence de presse du nouveau premier secrétaire de l'USFP, pendant laquelle, chose encore plus rare, M. Mohamed Elyazghi a présenté sa plate-forme d'action.

Une sorte de feuille de route, de plan d'action et d'orientation pour l'avenir, tel que le conçoivent les socialistes pour eux-mêmes, mais aussi pour les enjeux d'avenir du pays et en tout cas pour le rôle que l'USFP entend jouer dans cet avenir, qui commence aujourd'hui. Sur le fond, il y a ce maître-mot, saillant dans la plate-forme présentée: Le renouveau.

Et en la matière, c'est une nouvelle étape qui commence pour le parti qui, par rapport à son fonctionnement, à sa vie interne, fait déjà en quelque sorte le bilan du processus politique passé, en manifestant, là encore en une première, la volonté de moderniser ses structures, son fonctionnement.

Là encore, l'USFP joue le rôle de précurseur par rapport à cette exigence fondamentale de restructuration et de mise à niveau des partis politiques. De ce parti et de son premier secrétaire, on ne pouvait pas exiger moins que cela.

Pourquoi maintenant et pas avant? Parce que c'est aujourd'hui une exigence de l'étape à laquelle est arrivée l'évolution de l'action politique au Maroc.

La période précédente avait apporté au Maroc cette construction difficile et longue, ce qu'on a appelé transition démocratique qui, avec ses succès et malgré ses échecs, a permis à la démocratie d'avancer au Maroc, dans un environnement mondial et social interne difficile. Une période qui s'était conclue par l'alternance et par les réformes qu'elle a induites et qui se poursuivent encore aujourd'hui, avec au coeur de ce processus, l'USFP.

Ce n'est pas peu de chose que de rappeler l'importance de cette avancée et du rôle de l'USFP en la matière.

Aujourd'hui, il s'agit de consolider cette démocratie encore un peu jeune, fragile et surtout lui assurer les conditions nécessaires à l'affirmation de ses pas et de se prémunir davantage contre les dangers de l'heure : Les partis politiques qui sont le vecteur nécessaire de tout développement démocratique et une clarification déterminante pour que la politique réinvente une éthique un peu ternie par les vicissitudes de la longue et difficile période précédente.

C'est en cela que l'USFP innove et se positionne comme le précurseur. D'abord en annonçant l'ouverture du chantier de la modernisation, de son propre fonctionnement.

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Ensuite, en proclamant cette nécessaire clarification de l'identité démocratique et socialiste de l'USFP.

Une reprécision qui était nécessaire et qui doit s'accompagner dans la vie des instances du parti, tel que l'énonce la plate-forme, d'une modernisation du fonctionnement interne.

C'est en cela particulièrement que l'élection de M. Mohamed Elyazghi à la tête de l'USFP ouvre de nouvelles perspectives à l'action de l'USFP.

Clarifier encore plus l'identité du parti et moderniser la pratique partisane, deux conditions importantes dans la réforme nécessaire du paysage politique. Et c'est de cette évolution que dépendront le renforcement et la consolidation de la jeune démocratie marocaine. Une évolution qu'entame aujourd'hui l'USFP et qui devrait se généraliser.

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