Fraternité Matin (Abidjan)
Landry Kohon
2 Décembre 2003
Abidjan — C'est aujourd'hui que commence la grève de 48 heures projetée par les cadres supérieurs de la santé (médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens et vétérinaires).
Pour exprimer leur cohésion et l'unicité dans l'action, les dirigeants des deux syndicats des cadres supérieurs de la santé, le SYNACASS-CI et le SYMEPHADEN-CI, ont ensemble animé dans la matinée d'hier à l'INSP d'Adjamé, une conférence de presse pour réitérer à leurs militants le mot d'ordre de grève. Une grève qui se fait avec un service minimum comme voulu par les syndicats. Les médecins entrent ainsi en grève au moment où leurs collaborateurs, les infirmiers et autres techniciens supérieurs qui eux aussi avaient débrayé, en sortent. Mais comme l'a précisé le Dr. Amichia Magloire, SG du SYNACASS-CI, il ne s'agit pas d'une collusion entre les deux corps : "Bien qu'ayant comme dénominateur commun, la revendication de meilleures conditions de travail et une amélioration du traitement salarial, chaque corps agit en toute autonomie d'action et en toute responsabilité". Sur les raisons fondamentales de la grève des médecins, les conférenciers indiquent que c'est le refus du ministre de tutelle et du ministre de la Fonction publique et de l'Emploi de parvenir avec eux à la signature d'un protocole d'accord. Celui-ci stipule qu'en lieu et place de l'indemnité de sujétion proposée par le conseil des ministres du 27 octobre, il faut plutôt rétablir "l'indemnité forfaitaire santé" et "l'indemnité différentiel santé".
Toujours à travers ce protocole, les grévistes demandent que soient définies les modalités du glissement catégoriel, c'est-à-dire définir le profil de carrière pour le médecin. S'agissant du redéploiement, le protocole fait injonction aux autorités de remettre aux cadres supérieurs concernés et avant leur départ, une prime d'un million de francs et un kit d'installation dont le contenu a été défini et transmis au Comité national de redéploiement.
En dernier point, le document qui aurait été refusé par les autorités fait obligation aux éventuels signataires de produire avant le 30 décembre les textes créant et organisant la Fonction publique hospitalière. Il s'agit là de la mise en place d'un statut particulier pour le corps des cadres supérieurs de la santé.
A ce contenu du protocole d'accord, Dr. Gabriel Fayé Essetchi du SYMEPHADEN-CI et Dr. Amichia Magloire du SYNACASS-CI greffent le chapelet des premières revendications se rapportant au relèvement immédiat de leur salaire qui est de 173.000 f après dix ans de formation universitaire, et les revendications liées aux conditions de redéploiement définies de commun accord à Grand-Bassam.
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