MaÏmouna Gueye
2 Décembre 2003
Dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA, la prévention de la transmission mère-enfant occupe une place centrale.
Les femmes des villes de Pikine et Guédiawaye en ont longuement discuté, hier, au cours d'une rencontre à l'occasion de la journée internationale de lutte contre le SIDA. Une des idées clés de cette manifestation est qu'il est important d'associer les hommes au programme transmission mère-enfant, afin que le dépistage volontaire et anonyme ne soit plus la seule affaire des femmes.
« Nul ne doit avoir peur du dépistage ! ». Telle est la conviction de Mme Khady Dieng, présidente d'un groupement féminin et agent de l'Association sénégalaise pour le bien-être familial (Asbef) à Guédiawaye. Elle s'exprimait lors de la commémoration, ce lundi, de la Journée internationale de lutte contre le Sida au Centre de dépistage volontaire anonyme et d'accompagnement (Cdvaa) sis au Cedeps de Guédiawaye. Mme Dieng pense surtout à la gent féminine, dans la mesure où le Cdvaa de Guédiawaye a choisi cette année d'impliquer les femmes, notamment à travers le Programme transmission mère-enfant (Ptme). Pour cette raison, le point focal de la journée internationale 2003 de lutte contre le Sida a tourné, au Cdvaa de Guédiawaye, autour de la prévention de la transmission mère-enfant avec comme slogan : les femmes s'engagent. Dans ce cadre, les femmes membres de groupements de promotion féminine ont sonné la mobilisation et marqué de leur présence cette journée durant laquelle elles ont reçu diverses informations sur le Sida, d'une manière générale (modes de contamination, statistiques) et, en particulier, sur le fonctionnement et les conditions d'existence du Ptme.
Justement, c'est parce que ce programme n'a pas atteint tous les objectifs que les responsables du Cdvaa ont décidé d'en faire une préoccupation majeure. Pour le Dr Ngagne Mbaye, responsable du Cdvaa de Guédiawaye, « le Ptme n'a pas atteint sa vitesse de croisière ». Alors que l'un des dispositifs clés dans la lutte contre le Vih/Sida demeure la réduction de la transmission. Surtout dans les zones où il importe d'agir vite, compte-tenu de leurs spécificités. C'est le cas dans les villes de Pikine et Guédiawaye qui ont senti, aujourd'hui, la nécessité de coaliser leurs actions et stratégies de lutte contre le Vih-Sida. En effet, cette zone est caractérisée, selon le Dr Ngagne Mbaye, par une forte mobilité intérieure et extérieure, un fort taux d'analphabétisme, un faible accès aux soins, entre autres facteurs fondant sa spécificité. Concrètement, cibler le Ptme revient, pour les promoteurs d'une telle activité, à pousser les femmes à faire le dépistage volontaire et anonyme afin de réduire considérablement la transmission mère-enfant. C'est, d'ailleurs, cette raison qui justifie le choix porté sur les groupements de promotion féminine à forte assise communautaire.
Et, dans pareilles situations comme celles que traversent les Personnes vivant avec le Vih (PVVIH), seule l'implication de la communauté peut les aider à surmonter leurs épreuves afin d'affronter la vie avec plus d'optimisme. Impliquer la communauté D'où l'appel lancé par le préfet de Guédiawaye, qui penche pour la mise en oeuvre d'une approche communautaire dans la lutte contre le Vih/Sida. Etant entendu qu'aucun pays, qu'aucune catégorie socioprofessionnelle n'est épargnée par la pandémie du Sida, le préfet de Guédiawaye soutient : « toutes les couches sociales doivent être mobilisées ». Et il insiste sur le rôle d'avant-gardiste que doivent jouer les femmes dans tous les combats pour le développement humain. L'élan de solidarité, socle même de l'approche communautaire dans la lutte contre le Sida, doit ainsi pousser à atténuer de manière significative la stigmatisation. Si cela se concrétise, les PVVih doivent être capables de travailler au même titre que les autres, estime la représentante de l'Usaid qui a salué le rôle que les femmes doivent jouer à ce niveau, en ce sens que ce sont elles qui sont censées apporter soutien et confort aux malades.
Mais, elles doivent impliquer les hommes, estime-t-elle. Surtout que, soutient le Dr Ngagne Mbaye, : « la plupart des difficultés viennent des hommes, donc il faut les associer au Ptme, afin de leur donner l'opportunité de pousser leurs épouses à faire le dépistage volontaire ». Pour plus d'efficacité, les activités de sensibilisation doivent d'abord être entreprises dans les familles où il faut oser maintenant parler du Sida, de ses modes de contamination, des moyens de prévention et, surtout, de la possibilité de connaître son statut sérologique en faisant recours au dépistage volontaire. Mais, avant d'en arriver à ce stade, Adama Diop, député, adjoint au maire de Guédiawaye, pense qu'il faut satisfaire un préalable consistant à « mieux outiller les femmes pour qu'elles s'engagent davantage dans la sensibilisation et la prévention ». Suivant cette logique, la présidente des GPF, présente lors de la célébration au Cdvaa de la journée de lutte contre le Sida, affiche son ambition de conduire bien ce projet de partenariat entre le Cdvaa et le mouvement des femmes de Pikine-Guédiawaye.
« Le projet est bien ficelé, nous espérons en assurer le suivi afin d'arriver à une évaluation satisfaisante des résultats. Seulement, pour qu'il aboutisse, les femmes doivent s'engager pour bouter le Sida hors du Sénégal et de l'Afrique », indique-t-elle. Et la présidente de vanter les avantages des Gpf à nouer des liens avec des organismes évoluant dans le domaine de la santé. Ce qui a permis aux femmes d'être sensibilisées et formées en santé familiale, Sida, entre autres domaines du vaste secteur de la santé, se plait-elle à raconter à l'assistance.
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