Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Conférence épiscopale à Tamba : communion, prières et appel à la paix

Pape Demba Sidibé

2 Décembre 2003


La ville de Tambacounda a abrité du 24 au 30 novembre la conférence épiscopale des Evêques du Sénégal, de la Mauritanie, des Iles du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau.

Cette première assemblée plénière ordinaire a été mise à profit pour d'intenses prières de communion fraternelle entre membres d'un même collège épiscopal dans l'écoute mutuelle et le partage des soucis autour des réalités spécifiques à chaque diocèse, mais communes à tous.

L'exhortation pour le carême et Pâques 2004, centré sur l'enfant, le Pèlerinage 2003, l'enseignement religieux dans les écoles publiques, la XIII assemblée du SCEAM (Symposium des Conférences Episcopales d'Afrique et de Madagascar) ont été au centre des thèmes abordés par les évêques. Ces rencontres ont permis aux évêques de se concentrer avec leurs principaux collaborateurs dans le champ de l'annonce de l'Evangile. Ont été présents à la conférence le Bureau national de l'Union du Clergé Sénégalais, (UCS), le Secrétariat National de l'Enseignement Catholique, celui de CARITAS et le nouveau directeur du Catholic Relief Services (CRS) et une délégation des Supérieurs majeurs. Pour l'Archevêque de Dakar, président de la Conférence Episcopale, Monseigneur Théodore Adrien Sarr, l'introduction de l'enseignement religieux dans les écoles publiques du pays interpelle tous, parents, pasteurs et éducateurs. Le devoir doit être non seulement dans le cadre des éveilleurs de foi auprès des jeunes chrétiens, mais de veiller à la formation et à la croissance de cette foi. Au nom des évêques, Mgr Sarr a affirmé l'accueil positif de cette expérience. Les évêques travaillent ainsi, dans le cadre de l'enseignement religieux, en s'impliquant pour que partout des enfants chrétiens puissent recevoir cette éducation.

Les paroisses, d'après lui, s'organisent. Il y a le regroupement des élèves dans une même école, dans une même ville si les écoles ne sont pas éloignées, donc accueil positif et organisations pratiques pour faire en sorte que les enfants chrétiens puissent bénéficier de l'éducation religieuse. Situation perturbée La situation perturbée et inquiétante, qui prévaut dans les différents pays, a été examiné par les évêques de la conférence. Ces derniers condamnent avec la plus ferme énergie, tout ce qui constitue une menace pour la paix, la liberté, le bien-être, la sécurité des personnes et des biens, et qui menace la vie de l'homme. En conséquence, les évêques lancent un appel fort à l'endroit de tous ceux qui ont mission de meneurs d'hommes qu'ils soient des artisans de concorde et de paix dans leurs décisions, leurs paroles et leurs actes. Le respect des libertés et droits des personnes tout comme la démocratie elle-même, constituent, selon les évêques les conditions indispensables du développement harmonieux des pays et des peuples. Pour Mgr Sarr, la violence verbale et physique des personnes qui sont agressées est dénoncée par les évêques.

Le Sénégal tarde à connaître la paix sociale. L'idéal serait que tous les responsables politiques, religieux, citoyens devront faire en sorte que tout ce qui menace cette paix, violence verbale ou physique, tout ce qui porte atteinte aux personnes et aux biens soit mis de côté pour que la paix revienne. Les religieux selon lui ne sont pas des policiers ni moins des gouvernants mais des guides spirituels donc ce qu'ils ont à faire c'est de lancer des appels, tirer la sonnette d'alarme. Dieu, dira - t-il, est là pour juger chaque Sénégalais et Sénégalaise. Les guides sont là pour prier pour chacun respecte son voisin, son prochain à l'aimer pour que la paix soit, Dieu est là pour aider dira-t-il en substance. Enseignement catholique Parlant de l'enseignement catholique sénégalais, Théodore Adrien Sarr a souligné que des voix s'élèvent pour relever le malaise décelé dans l'enseignement catholique et prenant source dans les difficultés financières.

Les écoles n'ont de ressources que les subventions de l'Etat et les cotisations des parents. Ces subventions n'ont pas augmenté, selon Mgr Sarr, depuis des dizaines d'années pendant que l'inflation a été notée. Dans les zones pauvres, il est difficile de demander aux parents d'élèves des contributions financières suffisamment élevées pour que le manque à gagner soit compensé. La question, selon lui, est plutôt financière. Tout est mis en oeuvre pour que du côté de l'état, davantage de soutien financier soit obtenu et au-delà d'autres soutiens financiers pour obtenir cet équilibre dans chaque établissement.

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