Pape Demba Sidibe
2 Décembre 2003
L'implication des populations locales dans la gestion de la faune a été au centre d'un atelier qui a réuni, à Kédougou, les présidents de communauté rurale de Bandafassi, Saraya et Tomboroncoto, les responsables du programme agriculture-gestion des ressources naturelles "Wula Nafaa".
Selon, l'inspecteur régional et départemental des Eaux et Forêts, le directeur du parc national de Niokolo Koba, l'Usaid, le responsable de la zone d'intérêt cynégétique (ZIC) et le président de l'association des amodiateurs, cette rencontre a permis de faciliter la concertation et d'engager une réflexion entre les différents partenaires pour le processus d'élaboration du plan directeur de la Zic et de dégager les axes d'orientation en fonction des possibilités offertes par la chasse amodiée, notamment et l'écotourisme pour les populations locales.
Plan de gestion ZIC Le choix porte sur le département de Kédougou pour abriter cette réflexion dont les résultats tournent autour du processus d'élaboration d'un plan de gestion de la Zic. Les propositions de révision du cahier de charges sur l'amodiation et, enfin, la proposition d'un système d'organisation et de répartition des taxes de chasse sont, de l'avis de Yatma Diop, le préfet, réalistes et objectives. En effet, le département de Kédougou recèle d'importantes potentialités aussi bien dans le domaine de la flore que de la faune, les ressources naturelles hélas pour M. Diop ne sont pas illimitées et diminuent du fait des multiples actions négatives de l'homme parmi lesquelles le braconnage, les feux de brousse sauvages et les défrichements anarchiques non autorisés, entre autres. Dès lors, une exploitation rationnelle et communautaire de ces ressources s'impose avec en la participation effective et consciente des populations vivant dans les terrains concernés, a dit avec force le préfet de Kédougou. L'adjoint au maire de Kédougou, Youssouph Keïta, a surtout accès son intervention sur les retombées financières générées par le tourisme cynégétique.
Pour cela, les collectivités locales doivent encore être impliquées dans tout le processus de gestion de la faune pour son exploitation durable et aussi recevoir des dividendes des taxes. Les services des eaux et forêts, selon l'inspecteur régional, le commandant Babacar Faye, ont un certain nombre de préoccupations par rapport aux modalités d'organisation de la chasse dans la Zic, compte tenu de l'exploitation minière et des défrichements abusifs avancés du coton et le braconnage. Avec l'Usaid, une consultation externe a été menée à l'issue d'une évaluation interne par le commandant Faye.
Il a été envisagé d'élaborer un plan de gestion pour la Zic, avec les termes de référence, une recherche de financement pour enclencher le processus d'élaboration du plan de gestion de la Zic, compte tenu des enjeux que représentent ce biotope, dira M. Faye. Il est important d'avoir un outil de pilotage à long terme par rapport à la taxe amodiée. La rencontre a permis aux présidents de communauté rurale de comprendre les processus d'amodiation. Les propositions liées au cours de charge impliquent plus les populations. Pour Abdoul Aziz Dieng, le responsable de la Zic, cette superficie de 1 336 000 ha s'étend sur le département de Kédougou (grande partie) et Bakel. Ayant frontière avec le Mali, la Zic répond à l'impératif d'organiser la grande faune (antilope, cheval, buffle, lion, etc). A l'issue du séminaire, il s'agit de mettre en place un plan de gestion pour organiser la ressource pour les générations futures. Les problèmes de la Zic, créée en 1972, l'exploitation aurifère à la transhumance et les défrichements des terres liés à l'avancée du coton sont d'autres agressions en plus des feux de brousse, dira Abdoul Aziz Dieng. Omar Sarr, le représentant de l'association des amodiateurs du Sénégal, a, pour sa part, salué la justesse de cette rencontre : une première qui réunit amodiateurs, collectivités locales et services techniques.
La finalité, c'est de trouver les voies et moyens pour avoir des retombées dans les caisses des collectivités locales en plus des réalisations concrètes dans le cadre social. Les amodiateurs qui investissent dans la zone et optent pour la pérennisation de la ressource avec, selon lui, des interventions au niveau des feux de brousse, veulent augmenter le délai d'amodiation de 7 ans à 15 ou 30 ans, dira-t-il. A ce niveau, l'amodiateur peut créer un ranch game ou un zoo avec à la clé beaucoup d'investissements sociaux pour les populations rurales. Pour Mamadou Kanouté, le président de la communauté rurale de Saraya, le cadre de concertation a permis de discuter sur l'amodiation au niveau des collectivités locales. Au bout du compte, le rendez-vous a permis, selon M. Kanouté, de connaître tous les contours de l'amodiation, en plus des cahiers de charges qui intéressent les collectivités locales. Il s'agit de tout faire pour que les collectivités locales obtiennent des dividendes dans les taxes d'amodiation. Il est aussi nécessaire, selon lui, de créer des cadres de réflexion pour les réalisations sociales (puits, forages, dispensaires, écoles et fournitures).
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