Le Soleil (Dakar)

Afrique: Education en Afrique : l'Ile Maurice dans la fièvre de la 6e biennale de l'ADEA

Daouda Mane Et Mamadou L. Badji

2 Décembre 2003


L'Association pour le Développement de l'Education en Afrique (ADEA) organise, du 3 au 6 décembre 2003, en Ile Maurice, sa sixième biennale. Près de 400 participants sont attendus à cet effet au Centre de Conférences internationales de Grand-Baie, une station balnéaire au nord-est de l'Ile de l'Océan Indien.

Il s'agit d'une cinquantaine de ministres africains de l'Education, dont les ministres sénégalais, MM. Moustapha Sourang, de l'Education, et Georges Tendeng délégué à l'Enseignement technique, la Formation professionnelle, l'Alphabétisation et les Langues nationales, ainsi que Mme Ndèye Khady Diop, déléguée à la Petite enfance et à la Case des Tout-petits. Celle-ci est bien arrivée à Maurice alors que MM. Sourang et Tendeng sont attendus aujourd'hui. Les autorités ministérielles des différents pays sont accompagnées d'experts nationaux, des représentants d'organismes bilatéraux et multilatéraux de coopération au développement, ainsi que des experts et chercheurs dans divers domaines de l'éducation. « La quête de la qualité: à l'écoute des expériences africaines » constitue le thème central autour duquel s'ordonneront les débats de la rencontre. Ceux-ci seront nourris par le contexte d'une éducation en Afrique où s'observent des taux particulièrement élevés de redoublements et d'abandons, des taux d'achèvement d'éducation primaire et des seuils d'acquisition très faibles.

Toutes choses qui démontrent la "nécessité d'accorder plus d'attention et d'efforts à la qualité dans la mobilisation en cours en faveur de l'éducation pour tous". A telle enseigne, indique-t-on, que ledit thème a été retenu par le Comité directeur de l'ADEA, après avoir consulté tous les ministres africains de l'Education, et en accord avec l'opinion majoritaire exprimée par ceux-ci. Le sujet principal sera articulé à d'autres thèmes comme le financement de l'éducation, les partenaires et le rôle de la société civile. La biennale 2003 se veut un moment fort dans le « processus d'échanges et d'apprentissage pour mobiliser plus d'attention et orienter mieux les efforts des pays africains et leurs partenaires sur les défis posés par l'amélioration de la qualité, condition sine qua non de réalisation des objectifs d'éducation pour tous fixés au Forum mondial de Dakar en 2000 ».

La réflexion, à la fois « ouverte et critique, collégiale et informelle », portera sur tous les paramètres qui conditionnent « le devenir qualitatif de l'éducation en Afrique: dimensions politiques et sociales, problèmes de coûts et de financement, aspects techniques et scientifiques, modalités d'ingénierie et de mise en oeuvre ». En outre, il sera question, lors de cette biennale, du SIDA qui connaît une ampleur préoccupante en Afrique, notamment dans ses effets catastrophiques sur les systèmes éducatifs. Une table ronde est ainsi consacrée aux liens entre la pandémie et la qualité de l'éducation, en termes d'impact et de prévention ». Cette biennale sera aussi marquée par la célébration du 15 ème anniversaire de l'Adea et le lancement officiel de la troisième édition 2004 du Prix Africain du journalisme d'éducation Akintola Fatoyinbo, institué par l'Adea pour récompenser les meilleurs articles parus dans la presse africaine dans le domaine. Les journalistes lauréats des deux premières éditions sont invités à couvrir la conférence. En effet, pour l'Adea, la communication et l'information sont déterminantes dans le succès des réformes aujourd'hui nécessaires. Le Groupe de travail sur la communication pour l'éducation et le développement (COMED, abrégé en anglais), institué par l'Adea, prend activement part à la manifestation.

Mobilisation au plus haut point

La cérémonie d'ouverture sera rehaussée par la présence du président de la République de Maurice, M. Anerood Jugnauth, et du chef de l'Etat du Mali, M. Amadou Toumani Touré. La Biennale est considérée par les organisateurs comme étant le « plus grand rendez-vous de la coopération éducative en Afrique subsaharienne ». Déjà, les préparatifs vont bon train, avec la mobilisation du ministère de l'Education de l'Ile dont les locaux sis dans la ville de Phoenix ont été transformés en Quartier général par les organisateurs. L'aéroport international de Maurice connaît l'ambiance des grandes rencontres, en témoigne le mouvement incessant des avions venant de Paris, Johannesburg, Nairobi, débarquant des lots de participants. Ceux-ci sont guidés par un comité d'accueil d'agents du département de l'Education. Les formalités de police et de douane sont allégées par l'aménagement d'un stand pour les invités de l'ADEA, lesquels sont conduits, après tout, par minibus à leurs lieux de résidence aux alentours du Centre de Conférences à Grand-Baie. Selon différents experts invités, les biennales de l'Adea offrent « une opportunité exceptionnelle de rencontres, de « réseautage » et de partage d'expériences et de connaissances ». Et, ces assises exercent, de plus en plus, une influence sur les priorités inscrites ou à inscrire à l'ordre du jour de la coopération éducative en Afrique.

Comme en attestent, du reste, les thèmes des précédentes biennales sur la « mise en oeuvre des programmes et des projets de développement de l'éducation » (Angers, 1993) ; la « nature et processus d'élaboration des politiques éducatives » (Tours, 1995) ; « partenariats pour le développement des capacités et une éducation de qualité pour tous (Dakar, 1997) ». Ou encore, les rencontres tenues en 1999 à Johannesburg sur les « expériences réussies et prometteuses pour l'accès, l'équité, la qualité et la gestion efficace de l'éducation » et la « généralisation et pérennisation des réformes » en 2001 à Arusha, en Tanzanie. L'Adea a été créée en 1988, à l'origine, pour élargir et améliorer la collaboration entre les agences de développement oeuvrant dans le domaine de l'éducation en Afrique. L'association s'est, par la suite, transformée en une structure destinée à renforcer les capacités de primatie des ministères africains dans leur coopération avec les bailleurs de fonds et à développer un consensus entre lesdits ministères et les agences sur la manière d'aborder les questions majeures auxquelles l'éducation est confrontée en Afrique.

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