Al hadj Khaly Tall
2 Décembre 2003
C'est à Nimzath que M. Abdallah Sidy Aly, fonctionnaire et coordonnateur des projets japonais au ministère mauritanien de la Pêche a parlé des bonnes relations qui existent entre son pays et les pêcheurs sénégalais.
Il était l'invité de Chérif Atkhana Ould Al Walid Aïdara. Abdallah Sidy Aly a évoqué l'importance des investissements réalisés dans le domaine de la pêche grâce à la coopération nippone. Pour souligner « qu'en 10 ans (1992-2002), le Japon a injecté dans le secteur de la pêche mauritanienne la somme de 6 milliards de yens (10 milliards d'Ouguiya mauritaniens), soit 26 milliards de F.CFA ». Il explique que les domaines ciblés par les projets mis en oeuvre « relèvent tous du social : acquisition de pirogues et filets, réalisations d'infrastructures frigorifiques, salles de traitement des produits. Il en est de même de la construction de deux marchés aux poissons, l'acquisition de deux navires de recherche, de surveillance des côtes et de formation en mer ». En outre, la Coopération japonaise a construit quatre (4) centres socio-éducatifs et culturels dans autant de villages, et des salles de classes équipées et dotées de radios ».
Ainsi, il fait observer que « les conditions de travail, voire de vie de nos pêcheurs, se sont considérablement améliorées grâce à la coopération Japonaise ». D'ailleurs, n'eût été cet important apport de l'Empire du Soleil Levant, ajoute-t-il, « la Mauritanie aurait durement souffert du gel de nos relations que nous a imposé l'Union européenne ». Pour ce qui est de la contribution de la pêche au budget de l'Etat, Abdallah Sidy Aly révèle que « 51% du Produit Intérieur Brut (PIB) sont apportés par la pêche qui contribue pour 22% au budget de l'Etat. En plus de la consommation locale qui est de 15 kilogrammes par an et par personne. Raison pour laquelle le gouvernement entreprend de développer la pêche continentale, principalement dans la région du Gorgol (Kaédi) et sur le barrage de Voum/Liglaïka. Car la consommation locale de poisson commence à prendre des proportions assez importantes ». Interrogé sur l'état de conflits qui sont souvent intervenus entre pêcheurs sénégalais et autorités mauritaniennes, M. Abdallah Sidy Aly situe leurs causes dans « une nouvelle politique que le gouvernement a mise en oeuvre dans le secteur de la pêche et à laquelle les acteurs concernés n'ont pas été préparés. Ceci est valable aussi bien pour les pêcheurs sénégalais que les nôtres. Les axes de cette nouvelle politique tournent autour de l'obligation de détenir une licence, un contrôle de développement de la ressource qui, du reste, n'est pas inépuisable. Mais, le volet essentiel de ces dispositions tend à protéger les pêcheurs et les hommes d'affaires mauritaniens qui cherchent toujours à escroquer l'autre ». « Maintenant, grâce à une compréhension mutuelle qui s'est instaurée au terme de plusieurs séances de travail et de sensibilisation, il n'y a plus un seul conflit ou litige pendant entre l'administration mauritanienne des pêches et nos amis et frères sénégalais ».
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