2 Décembre 2003
Les circonstances de son arrestation, ainsi que la tension politique qui a prévalu ces derniers jours ont fait craindre un procès heurté. Mais hier tout a commencé par des civilités.
Le procès de l'ancien chef de l'Etat mauritanien Mohamed Khouna Ould Haidallah, candidat à l'élection présidentielle du 7 novembre dernier, et de ses quatorze co-inculpés a démarré hier à 11 h devant la cour criminelle de Nouakchott. Cette première audience s'est ouverte dans une atmosphère détendue, en parfait contraste avec la méfiance et la tension des jours ayant précédé le procès. Alors que l'on redoutait le refus, par la Cour, de la présence d'avocats étrangers au procès, le président du tribunal, Mohamed Abdallah Ould Theyib, a solennellement souhaité la bienvenue à ces derniers. Le procureur de la République, Mohamed Ghait Ould Omar, et le bâtonnier de l'ordre des avocats, Me Melainine Ould Khalifa, se sont également associés à la démarche de la Cour. Juste après l'ouverture officielle et solennelle de l'audience, le collectif des avocats de la défense a demandé à la Cour une suspension pour permettre une concertation entre les conseils mauritaniens des inculpés et leurs collègues venus de la sous-région. La Cour a accédé à la requête de bonne grâce.
Pendant cette suspension, maître Boucounta Diallo, avocat sénégalais membre du collectif chargé de la défense de Ould Haidallah et de ses co-inculpés, a déclaré à la Pana que «l'acceptation de la présence des conseils étrangers était déjà une victoire pour les barreaux de la sous-région, pour la justice en Mauritanie et pour l'application de la règle de droit». Me Diallo s'est également réjoui de l'initiative du tribunal visant à saluer la présence d'avocats étrangers au nombre desquels figurent Mohamed Konaté du Mali, Aissata Tall Sall et Amadou Ali Kane, du Sénégal. Arrêtés dans la première quinzaine du mois de novembre après une élection présidentielle officiellement remportée par le président Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya, Mohamed Khouna Ould Haidallah, arrivé deuxième lors de ce scrutin, ainsi que plusieurs membres de son directoire de campagne et des membres de sa famille sont poursuivis pour «actes visant à renverser l'ordre constitutionnel», «intelligence avec une puissance étrangère» et «actes de nature à porter atteinte aux intérêts de la Mauritanie». Ces différentes infractions sont punies de sévères peines par le code pénal mauritanien, avec un maximum pouvant aller jusqu'à la détention à perpétuité suivant les circonstances.
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