Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: CEMT Martin Luther King : journée d'action pour le jeudi

Moussa Bathily Diallo

2 Décembre 2003


Le bras de fer est engagé entre l'Association des parents d'élèves du collège Martin Luther King et les autorités. En effet, l'Association est décidée à s'opposer contre toute tentative de délocalisation du collège.

Pour montrer leur détermination, le jeudi 4 novembre a été choisi pour mener une journée d'action. C'est la décision majeure qui s'est dégagée de la réunion tenue, hier matin, dans l'enceinte de l'établissement, regroupant l'Association des parents d'élèves, le comité de crise et le corps professoral.

Le jeudi 4 décembre 2003 est retenu pour la journée d'action menée conjointement par les parents d'élèves, élèves de l'établissement, ceux des autres établissements venus soutenir leurs camarades et les syndicats. Une marche de protestation est prévue, l'itinéraire prévu est le suivant : l'avenue Lamine Guèye, le Ministère de l'Education Nationale, l'avenue Jean Jaurès, l'avenue Blaise Diagne, l'avenue Malick Sy, la RTS. À condition que l'autorisation d'effectuer la marche soit accordée par le préfet. Si la demande devait être rejetée, la journée de protestations se tiendrait à l'intérieur de l'établissement. " La préoccupation majeure est certes de se faire entendre, mais tout en restant dans la légalité la plus absolue. Nous voulons éviter que nos filles se lancent dans une marche non autorisée, il y va de leur sécurité et de la réussite de l'action entreprise ", explique M. Ousmane Diop, président de l'Association des Parents d'élèves.

Les élèves ont déjà convié leurs camarades des autres établissements à venir se joindre à la marche du 4 décembre 2003. La solidarité entre élèves n'étant plus à prouver, les organisateurs s'attendent à accueillir plusieurs participants. Et les organisateurs ont l'intention de faire entendre raison à tous ces participants qui répondront à leur appel.

" Certains débordements ne nous seront pas pardonnés parce que nous sommes des responsables et l'on attend de nous une attitude de responsables, ainsi il nous faudra canaliser tout ce monde pour ne pas mettre en péril la cause défendue ", explique Matar Niang, responsable du comité.

Un discours très nuancé qui va à l'opposé de certaines positions défendues par d'autres parents d'élèves plus radicaux dans leurs positions. " Avec ou sans autorisation nous devrions tenir cette marche. C'est le président Wade qui a dit en personne que toute victime d'une injustice a le droit de manifester. C'est le cas avec nos filles. Alors sortons dans la rue pour manifester ", confie une parente d'élève apparemment très remontée contre l'attitude des autres qu'elle juge trop conciliante.

Des parents déterminés

Un constat peut être fait à ce niveau. La détermination des parents est sans équivoque. L'affluence constatée à la rencontre d'hier en dit long sur leur état d'esprit. Certains parents n'ont pas hésité à déserter leurs bureaux pour venir s'informer de l'évolution de la situation. Tous sont prêts à répondre à l'appel du jeudi. " Tous les parents d'élèves sont concernés par cette situation. Il faut en parler sur la place publique. Contacter toutes les parties qui sont perdantes avec l'application de ce décret pour une meilleure représentativité ", estime un parent.

L'accent a été également mis sur l'urgence de rencontrer le président de la République. Car, certains parents demeurent convaincus que ce dernier ne maîtrise pas tous les éléments de cet épineux problème. Et l'argument qui revient en boucle pour illustrer ce cas de figure est les propos tenus par le Président Wade. La scolarisation des filles a toujours été une de ses priorités. Maintes fois, le président en a fait cas. De ce fait, il ne peut pas revenir en arrière. Et cautionner la délocalisation constituerait un contre-sens aux propos défendus.

A propos de délocalisation

L'autre problème auquel est confrontée l'association, est le contenu qu'il faut donner au concept de délocalisation. S'agit-il de transférer le collège vers un autre endroit, ou de ventiler tous les élèves vers d'autres établissements comme ce fut le cas avec le CEM Issac Forster.

L'absence d'une réponse claire de la part du Ministre de l'Education contribue à la confusion. Une confusion qui ne manque pas d'avoir des répercussions sur le mental des élèves comme l'explique par ailleurs M. Lo du comité, " les élèves ne savent pas si elles reviendront l'année prochaine, où elles iront, celles qui sont en classe d'examen sont complètement perturbées. Il est urgent de trouver une solution pour le bien-être de tous. Et puis, à quoi bon construire des musées si les populations ne sont pas suffisamment instruites pour en bénéficier. "

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