Xavier Deutchoua
2 Décembre 2003
Le sommet mondial de la société de l'information, qui se tient en deux étapes, respectivement à Genève(Suisse) et à Tunis (Tunisie), démarre ses travaux le 10 décembre la première phase de prochain.
Décidé en 2001, organisé par l'Union internationale des télécommunications (Uit), et placé sous le haut patronage du Secrétaire général des Nations-unies, cette rencontre au sommet rassemblera au moins 56 chefs d'Etat et de gouvernement, 6000 délégués représentant les organisations non gouvernementales, la société civile, les entreprises et les médias. Pendant deux jours, ils s'exerceront à cerner les enjeux de la révolution numérique en cours, et à comprendre les répercutions sur la société. L'avènement des ntic, mariage des télécommunications, de l'informatique, et de la télévision, a véritablement ramené le monde aux dimensions d'un grand village, et a provoqué des transformations radicales dans nos modes de penser et de vivre. En économie, les technologies de la communication sont en passe de devenir une source de création de richesses et d'emplois plus porteur que les matières premières.
Sur le continent africain, le problèmes des usages des Tic se pose avec plus d'urgence. Outre les avantages en terme de création d'emploi, elles peuvent , d'après Vincent Sakanga, représentant de l'Uit pour l'Afrique centrale, " apporter les bienfaits de l'éducation, de l'alphabétisation et de la formation dans les régions les plus isolées. Grâce à elles, les écoles, les universités et les hôpitaux peuvent accéder aux meilleures informations et aux meilleures connaissances disponibles. On peut aussi diffuser les messages concernant les problèmes de santé et améliorer le traitement et la prévention des maladies infectieuses et du vih-sida ".
Des pré requis sont nécessaires pour jouir des formidables possibilités offertes par la révolution numérique. Ces préalables sont de trois ordres. A savoir, la formulation par chaque pays d'une politique cohérente en matière des Tic, le développement des infrastructures technologiques et énergétiques, le renforcement des capacités humaines. Quelques pays africains, à l'intar de la Tunisie sont en pointe dans la mises en place de ces éléments de base et dans la vulgarisation des Tics. Ce pays qui, sur certains plan tutoie les nations occidentales est même à l'origine du Smsi. Le Sénégal quant à lui, sous l'inspiration de l'expérience du Mali a mis en fonctionnement des télé centres multimédia reliant plus de 2000 villages au monde entier.
Ces trois exemples de pays africains sensibles aux enjeux de la société de l'information sont l'arbre qui cache la foret. Au Cameroun, des centres multimédia ont été créées dans quelques lycées. Des académies internet fonctionnent au petit bonheur dans les universités de Buea, Douala et Yaoundé I. En dépit de leur imperfection ces structures ont le mérite d'exister. Mais on ne saurait absoudre les pouvoirs publics de leur incapacité à mettre en oeuvre une politique volontariste en matière de formation et d'équipement. En effet,malgré l'assistance du Pnud, toutes initiatives tant des partenaires étrangers que des nationaux se trouvent diluées faute d'une feuille de route clairement tracé. Le ministère des postes et télécommunications, à qui mandat avait été donné de confectionner cette politique, tarde à rendre sa copie et, sauf extraordinaire, le Cameroun se présentera au sommet de Genève les mains vides. Par ailleurs, le plan de développement des infrastructures proposé par la Commission économique africaine et accepté par le gouvernement tarde à connaître un début de réalisation.
A l'instar du Cameroun, nombre de pays à travers le monde se retrouve dans l'incapacité de réunir les conditions infra structurelles d'un développement exponentiel des Tics. Il existe un fossé abyssal entre les pays du nord où pratiquement tout les ménages disposent d'un ordinateur, et les pays du sud. Pour Yoshio Utsumi, le secrétaire général de l'UIT,on doit stopper la fracture numérique vers laquelle le monde s'achemine. "Alors que les technologies de l'information et de la communication revêtent une importance croissante dans tous les aspects de notre vie, il est tout aussi important de faire en sorte que personne ne soit oublié " affirme-t-il. L'un des défis de ce sommet sera de rechercher les moyens de réduire cette fracture numérique. A l'horizon 2015, tous les villages de la planète devraient être connectés, et au moins la moitié des habitants de la terre devrait accéder à internet. Les participants aux sommets de Genève et de Tunis s'y engageront dans une déclaration, assortie d'un plan d'action. Sur les 56 chefs d'Etat et de gouvernement ayant déjà réservé leur place à Genève, 20 sont du continent africain. Notamment de pays de faible poids comme le Rwanda, la Gambie et le Lesotho. Quant à la participation du Cameroun, motus !
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