Mindia Monga
2 Décembre 2003
Kinshasa — Par ailleurs, les graves dégâts matériels causés aux infrastructures, notamment dans le secteur agricole, de l'industrie et du commerce doublé de l'exploitation illégale des richesses nationales augmentent la pauvreté et la misère des populations victimes de mines. La présence de ces engins de la mort crée un sentiment d'insécurité et de vulnérabilité qui participe à la paralysie du tissu économique.
Face à la dégradation de la situation économique du pays et à la précarité des conditions de vie des populations des zones affectées par les mines antipersonnel, il importe de faire appel aux donateurs et autres partenaires extérieurs de contribuer à l'action de bannissement des mines en RDC par les opérations de déminage, la sensibilisation, l'assistance aux victimes de mines et leur réinsertion socio- économique.
A cet effet, il convient de noter que parmi les principaux acteurs de l'action contre les mines figurent en premier lieu donateurs, le système des Nations Unies et les organisations humanitaires qui sont des agences d'exécution dans le cadre de la lutte contre les mines antipersonnel.
II. PRINCIPAUX ACTEURS DE L'ACTION ANTIMINES
Pays donateurs
En vertu de l'article 6 de la convention d'Ottawa, les pays touchés par les mines sollicitent une assistance aux Etats parties qui sont en mesure de faire, pour leur permettre la réalisation de leurs obligations découlant de la convention. Cette aide en nature ou sous forme d'allocations, financières provient des bailleurs de fonds appelés donateurs qui sont les Etats- Unis, les pays- Bas, la France, la Suisse, Suède, le Danemark, le Japon et la Belgique, pour ne citer que ceux- là.
Généralement, l'aide sollicitée ne peut, en principe, être accordée qu'à un pays signataire de la convention et qui la met en ouvre. Toutefois, dans les circonstances d'urgence humanitaire, l'on peut déroger à cette règle. Tel a été par exemple le cas de la RDC qui, bien que n'ayant pas encore adhéré à la convention, a bénéficié de l'assistance au déminage humanitaire financée par la Belgique pour la ville de Kisangani et ses environs.
b) Organismes du système des Nations Unies Les Nations Unies interviennent également comme partenaires dans la lutte contre les mines antipersonnel. Il s'agit principalement du PNUD, de la Banque Mondiale, de l'UNICEF et du Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets, en sigle UNOPS. Pour une meilleure harmonisation de leurs activités sur le terrain, il a été mis sur pied des mécanismes d'assistance et de coordination. Sur le plan international, le service de lutte contre les mines des Nations Unies (UNMAS) assure la coordination de toutes les activités se rapportant aux mines. Pour la RDC, il et existe le centre de coordination pour l'action contre les mines (CCAN) rattaché à la MONUC. Son objectif est de créer un environnement favorable à la croissance et à la prospérité ou la population peut vivre sans la menace des mines.
Le PNUD est chargé d'assister les gouvernements à développer et à maintenir des capacités locales contre les mines dans le cadre de la reconstruction et le développement, tandis que les activités de sensibilisations aux mines sont généralement mises en ouvre par l'UNICEF, le HCR s'occupent du retour des personnes déplacées et des réfugiés dans leurs milieux respectifs.
c) Organisations humanitaires
Outre le système des Nations Unies, les ONG internationales et locales ainsi que les Fondations impliquées dans la lutte contre les mines sont également une source de financement. Le CICR, le Centre international de déminage humanitaire Genève (CIDHG), Handicap International (HI), Morvegian People's Aid (MPA) et ICIBL sont des opérateurs humanitaires connus pour leur action contre les mines.
En effet, s'agissant du CICR, outre l'assistance technique qu'il fournit aux Etats pour l'élaboration de leur législation nationale de mise en ouvre du traité d'Ottowa, il réalise ou appuie des programmes de sensibilisation des populations contre les dangers des mines et de réduction physique. Le CIDHG a pour mission d'assister les Etats dans les programmes de déminage et de destruction des stocks par l'envoi d'experts hautement qualifiés. L'action de HI comprend l'assistance aux victimes, la prévention des accidents et le déminage humanitaire.
Comme on peut le constater aisément, le succès de la lutte contre les mines antipersonnel dépend aujourd'hui du partenariat avec les différents acteurs de l'action contre les mines dont les piliers sont le déminage, la sensibilisation, l'aide aux victimes et leur réinsertion socio- économique.
d) Programmes ayant fait l'objet de financement
Selon l'Observatoire des mines, il s'agit des programmes qui représentent réellement les intérêts des communautés affectées par les mines, à l'instar de ceux qui sont repris ci- dessous: - les missions d'études et d'évaluation pour définir l'emplacement des zones suspectes et l'impact des mines sur les populations civiles; les programmes d'action contre les mines en Afrique, financés par le Canada, l'UE, la Belgique, le royaume- uni, le Danemark, etc.; - le programme de déminage humanitaire en RDC, piloté par HIB et financé par la Belgique; - les programmes d'éducation à la prévention des accidents par mines (PEPAM), financé par le CIRR; - les programmes de formation de démineurs locaux; - les programmes de sensibilisation aux dangers des mines dans les écoles au kosovo, en Croatie, au Laos et au Vietnam; - les programmes de recherches et de développement sur la technologie du déminage, financés par la Norvège, le Japon, le Royaume-Uni et la Belgique.
III.CONDITIONALITE LIEES AU FINANCEMENT DES PROJETS
Pour bénéficier d'un appui financier, les projets doivent répondre aux critères mis en ouvre par les bailleurs de fonds pour leur sélection. Ces critères sont les suivants:
- La demande de financement doit émaner d'un pays signataire de la convention et qui la met en ouvre; Le programme doit tenir compte des besoins réels des populations concernées; - La description du programme doit préciser l'intitulé, l'agence d'exécution, la localisation, la mission, les objectifs et les bénéficiaires du programme; Le recensement des moyens disponibles pour la réalisation du programme.
Ce sont là les critères de base au respect desquels veillent les bailleurs de fonds pour le financement des projets envisagés.
IV CONCLUSION
Pour la République démocratique du Congo qui connaît d'énormes difficultés économiques, la mise en commun de moyens dans le cadre du partenariat est indispensable pour lutter contre la présence de mines dans le pays et pour assurer son développement durable.
La prolifération des mines et des munitions non explosées ne favorise pas le développement économique dont notre pays a grandement besoin pour l'amélioration des mines antipersonnel.
Pour ce faire, une participation accrue du monde des donateurs et des autres partenaires étrangers doit être encouragée et soutenue par le gouvernement s'il tient à résorber le problème de la présence de mines en RDC.
A cet effet, il incombe au gouvernement de préparer, avec le concours des organismes qui ouvrent sur le terrain, les programmes destinés au financement, en respectant les besoins réels des populations locales qui souffrent au quotidien de la présence des mines.
C'est pourquoi, pour mieux lutter contre ce fléau, il y a urgence de mobiliser les partenariats afin de contribuer au financement de l'action contre les mines. Aussi, la priorité devra-t-elle être accordée au déminage humanitaire, à la destruction des stocks, à l'assistance aux victimes et à la sensibilisation, y compris le renforcement des capacités locales pour rendre efficace leur action contre les mines.
Ce faisant, l'engagement pris par le chef de l'Etat à la 58e session de l'assemblée générale de l'ONU d'assurer efficacement la lutte contre la prolifération des mines en RDC, ne sera pas un vain mot ni un chiffon jeté dans la poubelle.
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