Luc Angoula Nanga
2 Décembre 2003
A Douala, le ministère de la Santé publique et le secteur privé redoublent d'efforts contre la carence en iode.
Tous les indices collectés permettent d'entonner des chants de victoire : après ses premières manifestations au Cameroun, en 1906, et grâce aux séries de mesures prises par le gouvernement pour l'éradiquer au moyen de l'iodation du sel, le goitre est, aujourd'hui, maîtrisé dans tous ses foyers. Quelques chiffres démonstratifs : le taux de prévalence qui était de 29, 4% en 1991 atteint actuellement la barre de 5,4% ! Une récente évaluation de l'opération indique, en plus, une disponibilité du sel fortifié dans 90,1% des ménages camerounais. La pérennisation de cette tendance constitue une préoccupation du ministère de la Santé publique, initiateur depuis hier, à Douala, d'un atelier technique orienté vers un renforcement du partenariat avec les intervenants privés de la filière considérée.
Cet atelier de deux jours inauguré au siège de la délégation provinciale de l'Elevage, des Pêches et des Industries animales du Littoral par Lydienne Mbape, conseiller aux Affaires sociales et culturelles du gouverneur vise notamment à restituer les résultats de suivi de la qualité du sel, faire connaître la réglementation nationale, et sensibiliser les producteurs, importateurs et grossistes sur l'importance des opérations d'iodation de cette substance cristallisée.
Les animateurs, dont Sibetcheu Daniel et Okala Georges, respectivement directeur de la Promotion de la Santé et sous-directeur de l'Alimentation et de la Nutrition au ministère de la Santé publique sont chargés d'un ensemble d'exposés sur la réglementation camerounaise en matière d'iodation du sel, le système de suivi de la qualité, le contrôle du sel à l'importation, les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé(OMS.) L'enrichissement des débats bénéficie de la participation d'un expert du Centre Pasteur.
Dans cette croisade, le gouvernement veut assurer dans tous les ménages, la consommation d'un sel " adéquatement iodé ", en renforçant les mécanismes opérationnels de contrôle de qualité et en développant des actions de communication auprès des opérateurs économiques et de l'ensemble de la population. Selon les spécialistes, la carence en iode entrave le développement intellectuel des enfants. Chez l'adulte, elle entraîne des perturbations pouvant affecter l'implication aux activités de lutte contre la pauvreté. Le goitre, signe clinique de ce déficit, touche plus de 7% de femmes enceintes au Cameroun.
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