Ttb
2 Décembre 2003
Kinshasa — Il ne fait l'ombre d'aucun doute que la plupart, si pas tous, des acteurs politiques de la transition n'ont pour préoccupation essentielle à ce jour que de prolonger celle-ci et de renvoyer les élections à des calendes incertaines. Ils n'ont pas toujours tort au regard du passé belligérant et pilleur des uns, ainsi que de l'impopularité des autres.
Le constat ainsi fait, la question est de savoir si la RDC est condamnée à une descente inexorable aux enfers ou si, par contre, la contradiction est possible pour faire pression sur les acteurs de la transition et prévenir leurs comportements tricheurs. Question capitale qui renvoie, en réalité, à celle de l'existence d'une opposition susceptible de développer un discours mobilisateur en direction de la population et contradicteur par rapport aux options les plus troubles levées par les institutions en place.
Une opposition à réinventer
D'une manière générale, les observateurs admettent que l'opposition n'existe presque plus, tant elle est demeurée aphone sur bon nombre de sujets de brûlante actualité ou d'importance nationale, et qu'elle a perdu sa force de proposition. Les raisons de ce recul sont à chercher aussi bien dans l'émiettement de cette composante lors de la mise en place des institutions de la transition que dans la difficulté de redéfinir une composante dont certains éléments participent au pouvoir de la transition tandis que d'autres sont restés en dehors.
Armée, Police, unification, lois sur les institutions citoyennes, insécurité, détournement et pillage, électoralisme, présence de forces négatives sur le territoire de la RDC. Autant de sujets sur lesquels l'opinion aurait pourtant voulu entendre un discours différent, une autre proposition sinon des pressions accrues pour la concrétisation des objectifs de la transition: unification et pacification du territoire, formation d'une nouvelle armée, organisation des élections générales libres, démocratiques et transparentes.
Le retour des vrais partis
Il reste que le recul de l'opposition devrait constituer une chance majeure. D'abord parce qu'un tri historique et déontologique s'est opéré à la faveur de la mise en place des institutions de la transition. On sait désormais de quel côté, souffle le vent de l'opportunisme et de l'aventurisme. Ensuite, la clarification ainsi obtenue devrait permettre aux partis politiques se réclamant du changement de s'organiser et de se structurer pour apporter la preuve de leur existence réelle sur le terrain, de leur capacité de contradiction et de proposition par rapport au discours officiel.
Autant dire donc que l'opposition dans sa configuration du Dialogue Intercongolais ou d'avant ce forum n'existe plus tant elle s'est atomisée pour une série de raisons. Il ne revient plus désormais qu'aux partis politiques pris individuellement de se définir une démarche et un discours par rapport à ceux des acteurs dont l'objectif est de demeurer au pouvoir en rapportant, par l'un ou l'autre artifice, les échéances électorales. Cette démarche de contradiction et de proposition fait encore défaut, au point que les dirigeants de la transition donnent de plus en plus l'impression d'avoir signé un bail sur le Congo.
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