O. Sidpawalemdé
2 Décembre 2003
"On n'a pas cru à notre pouvoir de mobilisation. En voilà le résultat". C'est ce que laissaient entendre Marlène Zébango, député UNDD et Pauline Palé du bureau exécutif national ce dimanche au CBC à l'ouverture de la rencontre des femmes de ce parti.
Et elles avaient raison car la salle de conférences n'a pu contenir toutes ces militantes du Kadiogo et des environnants qui ont répondu nombreuses à l'appel de leur soeur, Marie Annette Bazémo, secrétaire à la Promotion de la femme pour débattre du thème "Contribution à la vulgarisation des choix stratégiques du parti".Un thème qui a permis à la seule intervenante à l'ouverture, Mme Bazémo, de clamer haut et fort que le silence féminin sur les questions touchant à la vie de la nation n'a que trop duré. Suivons-la à travers cet entretien qui résume le contenu des travaux.
Présentez-vous sommairement à nos lecteurs- Je suis Marie Annette Bazémo, mariée, mère de 3 enfants, professeur d'anglais au lycée départemental de Tanghin Dassouri. Militante aux côtés de Me Hermann Yaméogo depuis 1995 et membre du bureau exécutif national de l'UNDD en qualité de secrétaire à la Promotion de la femme.Pourquoi avez-vous pensé à cette rencontre des femmes et quels sont les objectifs poursuivis ?- Nous avons observé que les femmes politiques et les femmes en général au Burkina Faso sont absentes d'un certain nombre de grands débats qui les concernent pourtant. Nous avons donc décidé de saisir l'occasion d'une discussion autour du programme de notre parti pour les sensibiliser autour de la nécessité qu'elles soient beaucoup plus visibles dans le champ politique.C'est quoi exactement, ces problèmes dont vous parlez ?- Quand on arrête des gens dans le cadre d'un présumé complot et qu'on les emprisonne depuis plus de deux mois sans jugement, il y a des familles qui souffrent et en premier lieu, les femmes. Quand on voit les conditions dans lesquelles tout cela se passe, nous devons réagir, montrer notre solidarité, demander de les libérer sans conditions pour éviter de graves problèmes à notre pays.Il y a aussi le problème de nos relations avec la Côte d'Ivoire et le Togo.
Nous pouvons dire que personne n'a autant lutté que ceux de notre parti pour la paix et la réconciliation. Nous avons même demandé en son temps qu'il y ait la réconciliation non seulement entre nous mais aussi avec tous les pays qui nous ont accusé : le Liberia, la Guinée, la Sierra Leone, l'Angola...Non seulement, on a mal négocié la réconciliation au Burkina Faso mais on n'a pas vraiment regardé celle avec les pays voisins ; on a même aggravé les choses. Un autre problème, c'est celui de la pauvreté ; on en parle tellement avec si peu de résultats et nous-mêmes les femmes, quand nous sommes sollicitées, c'est seulement comme un faire-valoir, un décorum, une justification de l'aide qu'on nous donne et qui sert à tout autre chose.On ne peut pas aussi se retrouver sans parler de la situation de ces femmes en Guinée, au Zimbabwe et ailleurs qui souffrent comme nous à cause des dictatures qui règnent dans ces pays.Il faut parler de tous ces problèmes pour sensibiliser les femmes et créer des solidarités par-delà les frontières.On a particulièrement remarqué la présence de Mme Tiendrébéogo Norbert- Nous avons voulu lui exprimer notre solidarité, à notre façon, pas seulement par des ovations ou en lui donnant le fruit de nos contributions mais pour lui dire que les femmes de l'UNDD sont prêtes à organiser ou à se joindre à une marche des femmes pour la libération des détenus de "Madou Bandit".
Comment pouvez-vous expliquer en plus simple la notion de vulgarisation des choix stratégiques de l'UNDD ?- L'UNDD est un parti qui a un programme. Ce programme a des références majeures que nous avons toujours défendues quelles que soient les mutations partisanes qui nous ont caractérisés. C'est le libéralisme solidaire, la décentralisation démocratique véritable, l'intégration sous-régionale par le recours à la discrimination positive et aux fonds structurels. La traçabilité de l'aide, l'avancée des réformes politiques et institutionnelles avec le droit d'initiative et de révocation populaires, le vote des Burkinabè de l'étranger, l'informatisation du fichier électoral, la CIB infalsifiable pour tous avant 2005 et comme seul élément d'identification, le respect de la limitation sans favoritisme des mandats par l'article 37 de la Constitution, le renforcement de la compétence de la Cour pénale internationale, la promotion d'un ordre public international.Il faut que les femmes puissent comprendre ces préoccupations de l'UNDD et qu'on trouve une stratégie de communication qui leur soit adaptée. Le tout, c'est d'amener les militants à comprendre qu'on n'adhère pas à un parti seulement à cause d'un homme ou d'une femme mais encore et surtout en raison de leurs capacités et de la pertinence de leurs propositions.Que pensez-vous du dernier sommet de Bobo-Dioulasso ?- Nous n'avons jamais hésité à préconiser les retrouvailles non seulement avec la Côte d'Ivoire mais aussi avec le Togo. Notre position, c'est que le problème est un problème d'ensemble.
Ce n'est pas seulement un problème de Gbagbo, de Ouattara, de Soro..., c'est aussi et surtout un problème de contrôle des populations pour ne pas que tout le monde quitte d'autres pays pour aller encombrer un autre. C'est un problème qui doit amener la communauté internationale à aider les pays de forte émigration à avoir des pôles de développement pour stabiliser chez eux la main-d'oeuvre. Or, ces choses-là ont toujours été négligées. Nous les femmes, nous voulons qu'on laisse de côté les armes, les querelles politiques pour s'occuper vraiment de la situation sociale et économique de nos frères et soeurs en Côte d'Ivoire. Sinon c'est bien, à chaque fois qu'il y a des chances d'entente, il faut encourager.Le mot de la fin ?- C'est un honneur que nous a fait L'Observateur en nous accordant cet entretien. Nous allons faire savoir que L'Observateur paalga aime l'affaire des fermmes. Alors merci à vous et à tous vos confrères qui ont accepté de faire le déplacement de ce matin pour nous soutenir et nous encourager à leur manière ; et que ce ne soit pas la dernière fois !
Ce qui par contre est regrettable, c'est l'absence injustifiée de la TNB que nous avons pourtant invitée. Nous ne disons pas cela parce que nous sommes des adeptes du m'as-tu vu ?, mais simplement parce que nous pensons que la télé se doit aussi de servir de mémoire à la postérité, surtout que c'est une première du genre pour notre formation. Bref, nous ne pouvons empêcher certains d'avoir leur lecture du droit d'Etat, de la démocratie, etc. Même si c'est dommage !
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