Kamel Ghattas
2 Décembre 2003
Le mois de décembre revêt une importance particulière pour les clubs, tous les clubs d'ailleurs, puisque, indépendamment du marché local, c'est aussi le «mercato» d'hiver qui s'ouvre en cette période.
Les équipes désirant rectifier le tir ou se renforcer se lancent à la recherche de l'oiseau rare.
Etranges
Dès lors, commencent à émerger les plus étranges et les plus folles supputations. Voilà que presque tous les clubs européens s'intéressent à quelques-uns de nos joueurs.
Les jeunes pris en main par les professionnels de la rumeur voient leur «prix» monter en flèche. Et aux millions de dinars de s'entrechoquer pour faire perdre la tête, même à ceux qui l'avaient bien posée sur les épaules.
Des joueurs qui viennent tout juste d'apparaître sur la scène, qui n'ontque quelques matches intéressants à leur actif sont annoncés ici ou là, alors que comble d'ironie (ou de publicité mensongère), des joueurs de premier plan évoluent aux mêmes postes.
Autres étranges procédés et procédures, le fait de viser les seuls clubs en crise et qui cherchent désespérément à retrouver leur équilibre.
Supputations
Le plus étrange est bien ce «besoin» de se renforcer tout en étant disposé à «vendre» un ou plusieurs joueurs soi-disant prometteurs.
C'est comme si l'on tire une couette pour se couvrir la tête, sans se rendre compte qu'on dénue ses pieds !
De toutes les manières, ces informations amusantes tiennent en haleine les fans qui veulent coûte que coûte voir leur club se renforcer. Les noms importent le plus, sans que l'on tienne compte de leur profil. Plus d'un joueur recruté d'après son seul nom ou palmarès s'avère incapable de s'intégrer à un groupe ou à la manière de jouer d'une équipe.
En procédant de cette manière (ratissage systématique de tout «nom» apparaissant sur la scène) bien des clubs sont actuellement en crise.
Leurs comptes sont au rouge, leur situation empire de semaine en semaine, leur avenir enfin est tout simplement menacé. Une véritable banqueroute les guette.
Calmer les ardeurs
Pour calmer ces folles «ardeurs» ne serait-il pas possible de voir les responsables de ce secteur interdire tout mouvement pour ceux qui sont endettés, qui n'ont pas payé leurs joueurs ou leurs entraîneurs, ou qui ont des difficultés pour maintenir à flot leur équipe et qui manquent de courage et d'honnêteté morale pour éviter la fuite en avant.
Ce ne serait pas là une sanction, mais un geste charitable à l'égard de bien des clubs dont l'histoire et la gloire passées plaident en faveur d'un plus grand respect.
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