Mohamed Ouanezar
3 Décembre 2003
Des centaines de lycéens de différents lycées d'Oran ont manifesté leur colère dans les rues de la ville scandant des slogans hostiles aux mesures prises à l'encontre de leurs professeurs.«Makench vacataire» est un mot qui revenait sur les lèvres des élèves tel un leitmotiv tout au long de la marche qui avait démarré hier en début de matinée.
Tout a commencé au niveau du lycée Lotfi où un nombre impressionnant de lycéens s'était agglutiné devant leur établissement avant de se déplacer au siège de la direction de l'éducation où ils ont essuyé un refus catégorique quant à rencontrer le directeur de l'académie. A partir de ce moment-là, les agents de la Sûreté de wilaya d'Oran ont opéré plusieurs arrestations parmi les lycéens. Selon des sources policières, 13 lycéens ont été arrêtés lors de ces événements qui ont marqué particulièrement la ville durant cette journée. La procession pacifique et ambiante a ensuite emprunté la principale artère de la ville en direction du lycée Pasteur où une foule bigarrée de jeunes lycéens les attendait tout le long de la rue de la vieille Mosquée. Il y a lieu de rappeler que du fait de la spontanéité de ce mouvement, la marche ne semblait pas avoir d'itinéraire précis. Aux environs de midi, les lycéens se sont séparés dans le calme et la joie d'avoir réussi un tel challenge. Celui d'avoir apporté leur soutien à leurs enseignants grévistes. Faut-il le rappeler, aucun incident, mineur soit-il, n'a été enregistré durant cette manifestation pacifique des lycéens.
Il y a lieu de signaler que des rassemblements similaires ont eu lieu devant tous les établissements secondaires de la ville d'Oran. Des marches ayant bloqué la circulation automobile ont démarré à partir de plusieurs lycées dont le technicum de jeunes filles, ceux de Oussama, les Palmiers, Maraval, Khaouarismi, El Hayat où des lycéens se sont interposés à l'arrestation d'enseignants. La plupart des lycées d'Oran ont vécu au rythme d'actions similaires comme si les lycéens s'étaient donné le mot la veille. De leur côté, les enseignants qui craignent davantage le pourrissement de la situation ont manifesté leur disposition à reprendre le chemin des classes à condition que le ministre fasse une déclaration dans le sens d'un apaisement de la situation. Il faut dire que la situation semble de plus en plus s'enliser vers l'abîme et le risque de dérapage n'est plus à écarter si aucune mesure palliative n'est envisagée dans les plus brefs délais.
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