Youcef Salami
3 Décembre 2003
La question énergétique dans les négociations entre l'Algérie et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) va être discutée en mars ou avril prochain, à Genève, selon une déclaration faite hier à la radio nationale Chaîne III par le porte-parole de l'OMC, Josef Blosh.
L'Algérie s'est engagée cependant à fournir toutes les informations relatives à la question des prix de l'énergie pratiqués en Algérie, à tous les pays qui en demandent. Le négociateur en chef de la délégation algérienne à Genève avait, au cours d'une conférence de presse tenue à Alger fin novembre dernier, déclaré que l'Algérie essayera de donner une réponse d'attente au sujet de l'énergie, faisant valoir l'avantage comparatif, comme l'avait fait d'ailleurs la Russie, autre candidat à l'accession à l'OMC. La question énergétique, jusqu'ici non couverte par les accords de l'OMC, pourrait y être introduite à la faveur du prochain cycle de négociations de l'organisation prévues à Doha, aux Emirats arabes unis. Des pays membres de cette institution multilatérale avaient, début 2003, demandé à l'Algérie de revoir la structure des prix de l'énergie. Comprendre ceux de l'électricité et du gaz. Ces pays lui ont reproché de pratiquer le double prix. La question de l'énergie concerne aussi d'autres pays comme l'Iran, l'Arabie saoudite, la Russie. Tous veulent un règlement de cette question et y adhèrent définitivement. Si le dossier de l'énergie a été repoussé, celui de l'agriculture a été soumis à discussions à Genève et a focalisé les débats.
Deux principaux Etats s'y sont intéressés. Il s'agit de l'Argentine et de la Nouvelle-Zélande. Ceux-ci ont demandé à l'Algérie des éclairages sur les subventions accorées aux exportations à certains produits agricoles. La Nouvelle-Zélande et l'Argentine ont souhaité que l'Algérie se passe des mesures spéciales, les «conteingements» tarifaires (des taxes douanières destinées à protéger l'agriculture) et qu'elle utilise d'autres formes de sauvegarde autorisées par les accords de l'Organisation mondiale du commerce. Les négociateurs algériens dans la capitale helvétique se disent à l'aise, si l'on se fie à l'ambiance dans laquelle se déroulent les discussions autour de ce dossier, décrite par le porte-parole de l'OMC. Celle-ci les autorise à défendre des mesures spéciales s'ils le désirent. L'Algérie a proposé à ses interlocuteurs à Genève un taux de protection dans le secteur agricole plafonné à 60%. Les débats liés à l'agriculture ont commencé hier en séance plénière. L'Algérie a fait une présentation électronique, en réponse aux questions qui lui ont été posées par certains pays comme le Brésil, ceux de l'UE, l'Australie, les Etats-Unis, la Turquie Cette manière de procéder a été appréciée par l'organisation, a déclaré Josef Blosh.
Ce dernier a ajouté que cela prouve que les négociateurs algériens sont arrivés à Genève avec des dossiers bien préparés. Il est à souligner qu'au premier jour des discussions, l'UE a interpellé l'Algérie sur la disposition se rapportant à l'interdiction d'importation des boissons alcoolisées. Noureddine Boukrouh a fait savoir depuis Genève qu'il ne s'agit pas réellement d'une interpellation et a expliqué aux Européens qu'il s'agit d'une disposition adoptée par une assemblée pluraliste. Et il a précisé que cette disposition ne pourrait aller au-delà de 2004.
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