La Tribune (Algiers)

Algérie: Moyen de transport moderne et efficace : le trafic conteneurs en nette progression

Lyès Ibalitène

3 Décembre 2003


D'où la décision de mettre en place un second terminal au port d'Alger

Connu et reconnu à travers le monde pour avoir révolutionné le transport des marchandises dans ses différentes étapes grâce à son efficacité, le conteneur s'est vite fait une place de choix en Algérie pour s'imposer logiquement comme moyen moderne de transport. Moderne et incontournable dans une conjoncture marquée par l'augmentation et la diversification des flux commerciaux de et vers l'Algérie. Illustration parfaite de cet état de fait, les chiffres de l'Entreprise portuaire d'Alger (Alger) qui a vu son trafic conteneurs évoluer régulièrement et à une vitesse remarquable, passant de 190 000 TEU (tonne équivalent unité) en 1999, année de l'ouverture du premier terminal à conteneurs du port d'Alger, à plus de 338 000 TEU en 2002. Progression qui devrait s'accentuer encore à court et moyen terme, selon les prévisions de l'EPAL, pour passer à 520 000 TEU en 2005 et atteindre les 750 000 TEU à l'horizon 2015. En chiffres plus détaillés, le port d'Alger traite 30 000 conteneurs par mois, soit 1 000 conteneurs par jour.Or, pareille évolution, considérée comme «prodigieuse» par les responsables de l'EPAL, n'est pas sans se heurter à différents obstacles, prise en charge qu'elle est actuellement par des moyens inadéquats.

C'est, en tous les cas, ce qui ressort de la journée d'étude organisée hier par l'EPAL à l'hôtel El Aurassi et réservée à «la prise en charge du conteneur durant les phases maritimes et terrestres». Un intitulé suffisamment explicite pour interpeller l'ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne des transports, présents d'ailleurs au rendez-vous d'hier pour s'enquérir des moyens et autres mesures à prendre pour optimiser la conteneurisation selon les normes universelles en vigueur. Dans ce sens, plusieurs communications ont marqué la journée d'hier, allant de «la gestion informatisée du conteneur, entre voeux et contraintes» ou «les moyens logistiques normalisés pour le transport du conteneur» au «chargement des conteneurs et les retombées de la route», en passant par «les rétrospectives et perspectives des capacités portuaires pour le conteneur au port de Skikda» ou encore «remorque porte-conteneurs pour diminuer les risques d'accidents». Et d'accidents, tout le monde conserve encore en triste mémoire les catastrophes causées sur nos routes par le transport des conteneurs, effectué avec des camions fabriqués pour d'autres missions alors que le transport du conteneur possède ses propres camions.

Mais le non-respect des normes universelles par les opérateurs ne se limite pas au seul transport routier du conteneur, fera remarquer M. Ali Ferrah, PDG de l'EPAL, expliquant que «chaque type de marchandise a son modèle adéquat de conteneur pour le transport», et regrettant que «les opérateurs ignorent cela et recourent à n'importe quel conteneur pour n'importe quelle marchandise pour faire incomber par la suite la responsabilité des dégâts au port d'Alger».Cela dit, il paraît plus qu'évident que la prise en charge du conteneur durant les différentes phases maritimes et terrestres de son exploitation selon les normes requises ne saurait être effective avec les capacités actuelles des infrastructures portuaires nationales, jugées insuffisantes par rapport à la croissance des flux et qui risquent de l'être encore plus avec l'entrée en vigueur de l'accord d'association entre l'Algérie et l'Union européenne et la prochaine adhésion de notre pays à l'OMC. A l'exemple du port d'Alger, dont les statistiques susmentionnées et les prévisions à court et moyen terme ont, faut-il le rappeler, donné naissance au projet de réalisation d'un deuxième terminal à conteneurs à l'est du site actuel de l'EPAL, précisément aux «Sablettes», dans la daïra de Hussein Dey.L'actualisation du projet en question a été confiée au bureau d'étude américain Global Insight avec financement total par la subvention accordée à l'EPAL par l'Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA). Face au désengagement de l'Etat, il a été décidé une gestion en BOT de ce projet une fois matérialisé. «Une formule qui trouvera incontestablement preneur», rassure M. Ferrah, estimant qu'il s'agit d'«une affaire en or».

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