Notre Voie (Abidjan)

Côte d'Ivoire: L'occasion rêvée ?

Augustin Kouyo, opagnamad@yahoo.fr

2 Décembre 2003


opinion

Ils disent maintenant qu'ils remettent leur décision de revenir ou non au gouvernement à plus tard.

En attendant de trouver d'autres arguments pour refuser de déposer les armes. Rassurés qu'ils sont par la présence française sur la ligne de démarcation, les rebelles saisissent toutes les occasions pour retarder l'échéance du désarmement. Derrière le rideau de fer, bien protégés par l'armée française et loin de tout regard indiscret, ils pillent en tout impunité l'économie de la Côte d'Ivoire, se livrent à des trafics de tous genres, organisent les braquages de banques sans que personne ne lève le petit doigt. Ils sont heureux tant que cette situation de non- droit peut durer. Ils savent pourtant que c'est une solution de courte vue. Car, tôt ou tard, ils déposeront les armes. Et ils savent que ce moment n'est plus du tout loin. Toute la communauté internationale leur demande de revenir au gouvernement et de s'inscrire dans le processus de désarmement. Même la France fait pression sur eux pour cela.

Nous avons appris que, lors de leur conclave du week-end dernier, une majorité s'est dégagée pour le retour au gouvernement. En réalité, il n'y a aucune majorité. En allant se réunir, les rebelles savaient tous qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de réintégrer le gouvernement. La rencontre du week-end n'avait donc d'autre but que de rechercher les éléments d'explications à fournir à leur chefs de guerre pour que ces derniers ne se retournent pas contre eux. Et les événements de M'bahiakro ne changent nullement la donne. Il appartient maintenant à la France de comprendre qu'en continuant de cautionner cette fuite en avant des rebelles, elle contribue à alimenter les mouvements tels qu'on les connaît ces derniers jours.

Et, au lieu de pleurnicher chaque jour sur une prétendue campagne de haine anti-française, les autorités de Paris feraient mieux de hâter le processus de réunification de la Côte d'Ivoire comme elles se sont engagées à le faire. De la même façon qu'elles demandent aux Etats -Unis d'accélérer la remise de l'Irak aux Irakiens, de la même façon elles devraient définir un calendrier clair de retour à la normale en Côte d'Ivoire.

Tout le monde espère que la rencontre du jeudi à Yamoussoukro apportera quelque chose sur ce point. Nous avons tous intérêt à ce que la guerre ne reprenne pas. Parce qu'elle est meurtrière.

Eloignons donc tous les signes de la guerre. En déposant les armes. Le plus tôt serait le mieux.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2003 Notre Voie. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Côte d'Ivoire

Rubriques