Cendres Glazaï
2 Décembre 2003
Conscient, mais aussi et surtout meurtri par le drame que les populations ivoiriennes vivent depuis le déclenchement de la guerre, le président de la Républiqu, S.E M. Laurent Gbagbo avait décidé, dès que les conditions seront réunies, d'engager sans attendre, la normalisation dans les zones de conflits, l'opération de retour des fonctionnaires. Histoire de soulager non seulement les populations mais de concrétiser sa détermination à redonner vie et espoir à ces populations, le plus rapidement possible.
Aussi a-t-il créé par décret n° 2003-401 du 27 octobre 2003 le comité national de redéploiement de l'administration dont la mission est de : concevoir, coordonner et assurer la mise en oeuvre du programme national du rédeploiement de l'administration (CNPRA).
Cette institution est placée sous la haute autorité du chef de l'Etat et présidée par le Premier ministre Seydou Elimane Diarra. Elle dispose d'une coordination générale chapeautée par le ministre de la Fonction publique et de l'Emploi, le professeur Hubert Oulaye.
Cette coordination regroupe neuf départements ministériels dont les agents et structures déconcentrées sont appelés à être redéployés. Il s'agit du ministère de la Fonction publique et de l'Emploi, du ministère d'Etat, garde des sceaux, ministère de la Justice, du ministère d'Eat, ministère de l'Economie et des Finances, du ministère d'Etat, ministère de l'Administration territoriale. Le ministère de la Défense, le ministère de la Sécurité intérieure et le ministère de l'Education nationale y siègent avec chacun un représentant. Mais, rassure-t-on, la composition de ce comité peut être élargi à d'autres départements ministériels.
Sous l'autorité du coordonateur général, un secrétaire général a été nommé par décret au cours du conseil des ministres du 20 novembre 2003 pour assurer le fonctionnement permanent du comité national de pilotage du redéploiement de l'administration.
L'importance de la mission du secrétariat général dont le caractère hautement technique crève les yeux, nécessite que la personne à qui cette tâche est confiée, justifie d'une expérience avérée en matière de gestion administrative, d'une connaissance profonde de l'administration territoriale et d'une parfaite maîtrise de la conduite des projets d'envergure nationale.
Vous avez parfaitement raison de penser à M. Bamba Cheick Daniel, administrateur civil de classe principale , conseiller spécial du Premier ministre, ancien sous-préfet, ancien préfet de région, ex-directeur général de l'administration territoriale. Le coordonateur général Hubert Oulaye sous les ordres duquel il a commencé dira que le concerné a le profil (physique et intellectuel de l'emploi) et l'a démontré en contribuant de façon déterminante à l'élaboration du plan national de redéploiement de l'administration.
Sur ce chapitre, les circonscriptions administratives initialement concernées sont :
Les départements de Bangolo, Duékoué, Danané, Toulepleus et les sous-préfecture de Bin-Houyé, Zouan-Hounien, Grabo et Tien-N'dekro. Ce sont au total sept départements et 16 sous-préfectures qui sont couverts par l'opération. Ainsi que l'administration préfectorale, les secteurs de l'Education et de la Santé. Au bout du compte, ce sont 3414 agents de l'Etat qui devraient être redéployés dont 139 de l'administration préfectorale, 328 agents du ministère de la santé et 2947 du ministère de l'Education nationale.
Le décor ainsi planté, les fonctionnaires et agents de l'Etat, les préfets en tête, qui pour la plupart ont dû quitter leurs postes, dans des conditions dégradantes et perdu, tout ou partie de leurs biens, ne sauraient reprendre fonction sans aucune prime d'intéressement. Comme la phase véritablement opérationnelle du projet pilote de redéploiement prévoit, en premier lieu, le retour du corps préfectoral, ce sont les préfets que le président du comité de coordination a reçus le mardi 4 novembre 2003 à la veille de leur départ. Il a remis à chacun d'eux un véhicule de fonction 4x4 et la première moitié financière globale d'un montant de 2 millions CFA représentant les primes d'installation et d'incitation.
Le personnel de maison qui accompagne les représentants de l'Etat ont droit chacun à une indemnité journalière de 10.000 F et une prime d'installation de 300.000 F, selon les grades, et une prime d'incitation mensuelle de 20.000 à 50.000 francs. Ce sont au total deux milliards trois cent soixante et un millions sept cent quarante quatre mille (2. 361.744.000 F) qui sont mobilisés à cet effet.
Sitôt les moyens octroyés, le Premier ministre a délivré aux préfets une feuille de route, qui indique clairement que leur première mission est dévaluer les besoins urgents pour assainir rapidement l'environnement et préparer l'installation même de fortune, des autres services de l'Etat. Dans cette perspective, la résorption des antagonismes sociaux, l'activation et la coordination des services publics, mais également la reconstruction et la réhabilitation du patrimoine de l'Etat sont de vastes chantiers qu'ils sont appelés à conduire avec diligence et rigueur. Sans oublier la reconstruction des circuits commerciaux et la réorganisation des secteurs de production.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Notre Voie. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.