Ibrahima Ndiaye
3 Décembre 2003
Le Sénégal s'est doté, depuis hier, d'une charte des petites et moyennes entreprises (PME).
Ce document consensuel, élaboré à la suite d'une large concertation, a été validé au cours d'un atelier qui était présidé au Méridien-Président par le Premier ministre, Idrissa Seck. Il constitue ainsi une sorte de « bréviaire » pour la création, le développement, la gestion et l'accompagnement des entreprises. D'ailleurs, le souhait exprimé par le Premier ministre est que cette charte évolue dans les meilleurs délais vers une loi d'orientation pour la promotion et le développement des PME.
Le nombre des PME dans notre pays a enregistré, en 2003, une augmentation de 25 % pour atteindre 85.000. Malgré leur importance en nombre dans le tissu industriel, ces unités ne contribuent que pour 30 % des emplois, 25 % du chiffre d'affaires et 20 % de la valeur ajoutée. La charte, qui est un nouveau cadre juridique et institutionnel, devrait justement corriger ce déséquilibre à la grande satisfaction de tous les acteurs économiques. Mais, du constat établi par le Premier ministre, il est ressorti que la mise en place de cette charte intervient dans un contexte particulier, marqué par la libéralisation des échanges et l'érosion des performances économiques. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'Etat a mis en place un dispositif approprié pour renforcer la compétitivité globale de notre économie. Et comme l'a dit Idrissa Seck, le gouvernement est déjà engagé un processus « qui vise la mise à niveau de l'environnement des affaires de notre système productif et des ressources humaines ». Dans cette même optique, M. Seck est revenu sur la vision du chef de l'Etat concernant « le rôle fondamental du secteur privé et plus spécifiquement des PME dans le NEPAD pour la réalisation du développement de l'Afrique et la réduction des disparités qui nous séparent des nations industrialisées ».
Par ailleurs, le Premier ministre a fait part de la stratégie nationale d'accélération de la croissance économique qui est ainsi apparue comme une nécessité en vue d'envisager un certain nombre de règles et principes qui permettent aux autorités de fédérer le soutien à apporter aux PME, notamment en matière de financement, de formation et d'accès aux marchés. Ce que note également le Premier ministre, c'est la mise en place de l'ambitieux programme national de mise à niveau des entreprises, dont la première phase, financée par l'Agence française de développement à hauteur de 7,3 milliards de francs cfa, devrait démarrer incessamment. Pour Richard Allen Roth, l'ambassadeur des Etats-Unis et coordonnateur du groupe thématique des bailleurs de fonds pour le secteur privé, « cette charte vient à point nommé, si l'on sait que « les PME jouent un rôle de plus en plus important en contribuant à une plus grande compétitivité des produits sénégalais dans les marchés ». Appréciant ensuite le travail qui a été réalisé, l'ambassadeur a souhaité que cette charte bénéficie d'un solide appui et les progrès continueront lorsque des décisions clés de mise en oeuvre commenceront à être prises. Selon M. Roth, la conjugaison de toutes les compétences est essentielle au développement d'interventions durables et spécifiquement appropriées à la situation des PME au Sénégal.
Le secteur privé, par la voix de Mamadou Lamine Niang, le président de l'Union nationale des chambres de commerce d'industrie et d'agriculture du Sénégal, a apprécié « les avancées significatives enregistrées dans le monde de l'entreprise, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour notre pays ». Pour d'ailleurs illustrer ses propos, M. Niang a évoqué certaines actions réalisées pour soutenir le secteur privé. Il a par exemple cité la tenue d'un conseil interministériel, l'élaboration d'un document de stratégie de l'entreprise, le programme national de mise à niveau des entreprises, etc. Toutefois, le voeu le plus ardent formulé par le secteur privé est de bénéficier d'un cadre juridique pour un meilleur positionnement de l'entreprise sénégalaise dans le monde. La charte, comme l'a expliqué le cabinet Kpmg Conseils, est un « excellent outil pour anticiper sur la vulgarisation économique des idéaux du NEPAD ». D'ailleurs, la Commission de l'UEMOA et la BCEAO ont fortement recommandé l'élaboration d'une charte communautaire des PME. Le dernier acte de la cérémonie a été la signature de la charte par les parties prenantes. C'est ainsi que le Premier ministre s'est engagé, au nom du gouvernement, Baïdy Agne pour le Conseil national du patronat, Adja Dior Diop pour le Conseil national des employeurs du Sénégal et Bernard Labarens pour les banques.
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