Faydy Drame
3 Décembre 2003
Depuis l'ouverture de la liquidation principale des biens d'Air Afrique, le syndic faisait face à de multiples embûches dans la procédure, dont la plus importante fut l'avis d'expropriation du ministère des Transports pour cause d'utilité publique des biens immobiliers de la défunte compagnie.
Malgré toutes ces tentatives d'empêcher la liquidation, les syndics sont parvenus à faire aboutir la vente de l'ex-siège d'Air Afrique sis Place de l'Indépendance à un milliard six cent cinquante millions.
Après maintes péripéties qui ont rythmé la procédure de liquidation de l'ex-Air Afrique, hypothéquant ses chances d'aboutir, le syndic Alia Diène Dramé vient de franchir l'une des étapes les plus difficiles de ses tâches. En effet, il est parvenu à trouver les fonds pour payer leur droit aux ex-agents de la défunte multinationale basés à Dakar. Selon notre source, le paiement de ces droits, soit le tiers du solde de tout compte, estimé à environ 1 milliard 500 millions de francs Cfa, a débuté en fin de semaine dernière.
Cette liquidation ouverte depuis le 24 avril 2002 après le dépôt de bilan d'Air Afrique, est la première du genre dans la sous-région suivant le Traité de l'Ohada. Elle concerne une multinationale qui employait quatre mille travailleurs, dont sept cents Sénégalais environ.
Depuis l'ouverture de cette liquidation principale, le syndic a fait face à de multiples embûches dans la procédure, dont la plus importante fut l'avis d'expropriation du ministère des Transports pour cause d'utilité publique des biens immobiliers de la défunte compagnie. Malgré toutes ces tentatives d'empiéter la liquidation, M. Dramé et ses camarades parviendront à faire aboutir la vente de l'ex-siège d'Air Afrique sis Place de l'Indépendance à un milliard six cent cinquante millions. En revanche, celle des douze villas du Point E à un milliard deux cent millions n'a pas abouti avec le Consortium foncier international (Cfi), car ce dernier a désisté après que des obstacles ont empêché la procédure d'aboutir. Le paiement du super privilège maintenant effectué, les ex-agents devront encore se battre pour entrer dans le restant de leurs fonds, soit deux tiers du solde de tout compte. Pour cela, les syndics portés à trois depuis le 10 octobre 2003 devraient se pencher sur les questions des actifs restants du patrimoine de la compagnie. Il s'agit, en dehors des douze villas du Point E, du Centre industriel de Dakar (Cid), du centre de formation Cefopad, des stocks de pièces de rechange et des deux avions d'occasion. Pour le Cid, quelle que soit la formule de vente, les syndics sont tenus à y gagner du liquide car la mission principale d'une liquidation est de vendre les actifs pour payer les ayants droit.
L'autre interrogation des ex-agents travailleurs est de savoir comment finaliser la question du matériel en escale actuellement en possession de deux sociétés privées, à savoir Shs et Ahs. Cette question reste toujours pendante en justice, faisant perdre du coup au syndic une manne financière importante, puisque le handling génère entre 600 et 800 millions de francs par mois. Par ailleurs, les ex-agents se pencheront sur comment faire de telle sorte que l'Etat honore ses engagements vis-à-vis des Sénégalais ex-agents à l'extérieur, notamment ceux d'Abidjan, car estiment-ils, ces derniers doivent être traités de la même manière.
En tout cas, tout laisse croire qu'Omar Samb, Mactar Bâ, les deux syndics désignés le 10 octobre 2003 par le tribunal pour travailler avec M. Dramé ont du pain sur la planche. Toutefois, leur expérience en matière de liquidation leur permettra peut-être de mener leur mission à bon port surtout si on les laisse travailler en toute sérénité.
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