Wal Fadjri (Dakar)

Afrique: Deuxième sommet de l'énergie : l'Afrique branchée sur la basse tension

J. Mbengue

3 Décembre 2003


Le bilan énergétique est plus que préoccupant en Afrique où le taux d'électrification rurale, considéré comme un indicateur significatif du niveau des potentialités de développement, est inférieur à 30 % pour l'ensemble de l'Afrique, contre une moyenne mondiale de 60 %. Une faiblesse dénoncée par le ministre de l'Energie et des Mines en ouvrant le 2e Sommet de l'énergie.

La consommation d'énergie en Afrique est très faible par rapport à la moyenne mondiale. Avec une population estimée, en 1998, à 760 millions d'habitants, le continent africain qui représente près de 13 % de la population mondiale consomme moins de 3 % de l'énergie primaire mondiale. Alors que les Etats-Unis en consomment 25 % avec seulement 5 % de la population de la planète. Ces statistiques fournies hier par le ministre de l'Energie et des Mines, Me Madické Niang, montrent que le bilan énergétique est plus que préoccupant en Afrique. D'autant que le taux d'électrification rurale, considéré comme un indicateur significatif du niveau des potentialités de développement, est inférieur à 30 % pour l'ensemble de l'Afrique, contre une moyenne mondiale de 60 % qui n'est atteint que par six pays africains, souligne, sans aucune autre précision, le ministre de l'Energie qui procédait, hier, à l'ouverture du 2e Sommet de l'énergie en Afrique. Autre tableau sombre dressé par le ministre sénégalais, l'énergie électrique.

La proportion des ménages en Afrique qui y ont accès ne dépasse pas 10 % dans la majorité des cas, et la consommation d'énergie par habitant reste faible. Elle est de l'ordre 500 kilowatt/heure par an contre une moyenne mondiale de 2 500 Kw/h. "A cela, poursuit Me Madické Niang, s'ajoute le fait qu'au sein même du continent, un déséquilibre est observable au plan des réserves en hydrocarbures. Celles-ci sont, en effet, localisées à plus de 60 % en Afrique du Nord, l'Afrique australe qui en est dépourvue recèle par contre 6 % des réserves mondiales de charbon". Pourtant, l'Afrique possède un potentiel hydroélectrique considérable, mais seuls 6 % de ce potentiel sont valorisés. "L'Afrique est un grand producteur de pétrole, de charbon et de gaz, mais la consommation reste limitée.

Il est donc important de développer ces productions, surtout la distribution de manière à permettre à la population africaine d'accéder à une richesse plus importante", souligne Jean-Pierre Favennec, directeur du Centre économie et gestion de France. Des progrès ont été faits dans la mise en valeur des ressources énergétiques qui sont largement suffisantes pour catalyser le développement du continent africain. Les réalisations de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs), du potentiel hydraulique de la Guinée ou de la mise en place de "groupements énergétiques" au sein de la Communauté de développement en Afrique australe (Sadec) et de la Communauté économiques des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) sont autant d'avancées "significatives" citées par le ministre sénégalais de l'Energie.

Le 2e Sommet de l'énergie qui prend fin demain est destiné aux hauts responsables et aux cadres africains.

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