Par : Aurélie BONAVITA(Stagiaire)
3 Décembre 2003
Le label Africa Fête célèbre cette année ses 25 ans et les 70 ans de Manu Dibango. Du 1er au 6 décembre 2003 à Dakar, concerts et ateliers mobiliseront des artistes africains autour de différentes causes. Et pour donner le ton, les festivités ont commencé lors de la journée mondiale de lutte contre le Sida.
L'ambiance était à la fête hier soir au Centre culturel français de Dakar. Comme pour prouver que la cause qui réunissait cette population cosmopolite ne parviendrait pas à lui faire perdre sa joie de vivre. Comiques, chanteurs, danseurs, professionnels ou amateurs, ont déclaré, à l'unisson, la guerre au virus Vih/Sida. Sans espoir d'armistice. Corps et voix se sont mobilisés pour crier leur haine du fléau. Présentée par Adama Daïko, humoriste d'origine ivoirienne, la soirée de concerts était rythmée par les phrases scandées par le public. C'est le slogan «Africa 2015, génération sans sida» qui marquera les esprits, tellement répété que chacun le fredonnait encore à la sortie du Ccf.
Plusieurs groupes se sont produits. Notons les performances du groupe Cancan. Au son de la kora et des voix mélodieuses des deux chanteurs, le Sénégal a été loué du Sud au Nord, de la Casamance à Saint-Louis. Un hymne à l'ancienne capitale du pays, en français puis en wolof, afin de rappeler que la ville reste le point de rencontre des deux cultures. Sur un rythme plus «reggae», le groupe Kante a mis en exergue des textes engagés et longtemps cogités. Formidablement bien servies par l'harmonie des voix des deux choristes, un homme et une femme, les paroles se voulaient porteuses d'un message fort. Une première chanson, sur fond de critique du système actuel, où l'argent est roi, rendait hommage aux «orphelins du bateau Le Joola». «Ils pardonneront, mais n'oublieront pas», ont chanté haut et fort les Kante. Un appel explicite aux autorités politiques et un moyen de rappeler que, parfois, les drames ne peuvent pas être naïvement mis sur le compte de la volonté divine. Un deuxième titre était consacré au thème-phare de la soirée. S'adressant à Amina, les artistes du groupe ont répété que le sida tue . Tout doit être mis en oeuvre pour éviter la propagation du virus dans le sang et de par le monde. Le célèbre rappeur sénégalais, Big D, était aussi de la partie.
A côté de ces artistes confirmés, des dilettantes ont eu l'occasion de faire passer leur message. Appelés à monter sur scène, ils pouvaient profiter du micro pour pousser leurs coups de gueule ou de coeur. Certains l'ont fait sur le rythme d'un rap endiablé, «ne soyez pas têtus», auquel l'assistance répondait «le sida tue». D'autres, plus timides, ont préféré se contenter du slogan général. Quel plus beau message d'espoir que ce Sénégalais de onze ans reprenant à son compte les leçons des plus grands: «Africa 2015, génération sans sida».
Toutes les générations étaient représentées dans le public, venu des quatre coins du monde. Même les plus petits étaient venus écouter discourir de préservatifs, de Maladies sexuellement transmissibles (Mst) et de relations extra conjugales. Parce que c'est à eux qu'appartient l'Afrique sans Sida de demain.
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