Pape Diomaye THIARE
3 Décembre 2003
L'approvisionnement en eau potable a toujours été un besoin crucial dans la zone du Gandiolais . Sur cette bande de terre, depuis plusieurs générations, la question de l'eau est restée un problème épineux pour les populations. Dans quelques mois, ce ne devrait être qu'un vieux souvenir pour les populations avec la construction d'un canal d'amenée qui devrait coûter la somme d'un milliard 500 millions Fcfa, avec comme maître-d'oeuvre, l'Agence de Promotion du Réseau Hydrographique National.
Les résultats de l'étude, pour ce canal ont fait l'objet d'une restitution samedi 29 novembre dernier dans les locaux de la communauté rurale de Gandon ( département de Saint-Louis). Le " Canal du Gandiolais " sortira de terre dans 6 mois. L'assurance a été donnée samedi 29 novembre dernier à Gandon, à l'occasion de la restitution des résultats de l'étude par le directeur de l'Agence de Promotion du Réseau Hydrographique National (Aprhn), le colonel Makha Keïta dont la structure assure la maîtrise d'ouvrage.
Il sera aménagé dans la vallée du Ndialaxar. L'ouvrage devrait prendre sa source à partir du Ngalam, sur une longueur de 8 km, avant de déboucher sur le bassin de Rao-Peul. Il devrait être fait en béton armé, avec une longueur d'une dizaine de km qui va arriver sur un réservoir long à peu près de 2 km. Un important chenal sera ensuite construit pour aller vers le Gandiolais. A travers ce canal, il s'agira d'arroser enfin toute la vallée du Gandiolais pour permettre aux populations de la localité d'être ravitaillées en eau potable. Une denrée très rare.
Depuis plusieurs années, le manque d'eau constitue un facteur limitant des activités socio-économiques des populations. Mais, indique le colonel Keïta tous ces obstacles seront surmontés sous peu, car il s'agira surtout de permettre aux producteurs de s'adonner à des activités agricoles. Du fait de son caractère de zone inondable, l'autre mission assignée au canal est de jouer un rôle de déversoir en prenant l'excédent d'eau pour le déverser vers le bassin de Rao Peul.
Le coût des travaux est estimé à 1,5 milliards de francs CFA si on se réfère aux études de faisabilité qui viennent de s'achever et effectuées par le Cabinet Hydroconsul. Mais, le projet ne date pas d'aujourd'hui. Loin s'en faut. Cela fait 13 ans que l'Association pour le Développement du Gandiolais-Toubé avait initié des études pour voir comment résoudre la lancinante question de l'eau dans la contrée. Plusieurs organismes tels que le Ministère de l'Hydraulique et des Ong ont été mis à contribution.
Cependant, c'est au cours de ces deux dernières années que l'Etat a décidé de prendre ne charge pas la réalisation de l'ouvrage confie Mamadou Dia, Directeur technique de l'Agence de Promotion du réseau Hydrographique. Le " Canal du Gandiolais " va jouer un autre rôle non moins important de l'avis de M. Djiby Diouf, le sous-préfet de Rao dans la lutte contre la pauvreté. Et l'autorité administrative de conclure,' L'arrondissement de Rao est une localité à risque alimentaire dont les revenus sont basés principalement sur le secteur primaire. Mais, les zones destinées à l'agriculture deviennent de plus en plus réduites par le fait de l'avancée de la nappe phréatique atteinte par le sel, ce canal va contribuer à dessaler cette nappe et offrir plusieurs hectares de terres à emblaver par les maraîchers. Quand on parle du Gandiole qui est une zone maraîchère par excellence, on pense à la production de l'oignon ".
Ainsi, donc en plus du volet économique qu'il va engendrer, il aura aussi un impact au niveau environnemental.
A cause du cycle de sécheresse qui a sévi ces dernières années le Gandiolais est devenu une zone très dégradée. Toutefois, l'espoir est permis en ce sens qu'avec cet ouvrage, il est attendu la régénération des forêts et un cadre de vis plus propice pour les populations riveraines. D'où l'optimisme et l'enthousiasme du Président de la communauté rurale de Gandon. Aux yeux de M. Assane Gaye, " L'infrastructure ne fera que fouetter davantage le dynamisme des fils du terroir. Il devient ainsi une réalité après que les habitants en ont rêvé plusieurs années durant. " Ce qui fait dire à Babacar Guèye, responsable au Ceci qui a en charge le volet information et formation que l'appel d'offres sera lancé bientôt en vue du démarrage effectif des travaux sous peu.
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