Mamadou Mika LOM- Envoyé Spécial
3 Décembre 2003
L'absence de la solidarité internationale a fait que les pays africains ont aujourd'hui toutes les difficultés à accélérer le processus devant les conduire vers la réalisation de l'éducation pour tous telle que cela a été convenu au forum de Dakar, en avril 2000.
La raison fondamentale est que derrière l'engagement qui a été pris par les bailleurs à cette rencontre, selon lequel, tout pays africain qui n'aurait pas un plan d'action crédible allait souffrir de problème de financement. Il n'y avait aucune explication précise pour dire ce qu'il fallait entendre par plan d'action crédible. Résultat, quand la plupart des pays africains ont terminé l'élaboration de leur plan dont le deadline était fixé au mois de décembre 2002, l'obtention du financement s'est avérée un obstacle majeur à la concrétisation de leur plan. Qu'est-ce qu'il fallait entendre par plan crédible ? Est-ce que les bailleurs voulaient parler de la répartition des dépenses salariales ou faisaient-ils allusion aux critères de leur bonne gestion définis par les autorités. Est-ce qu'il fallait montrer qu'on avait une stratégie performante pour lutter contre la pauvreté. Personne n'y comprenait grand-chose.
Raison pour laquelle de nombreux pays dont le Sénégal, ont eu l'amère surprise devoir en 2002 leur dossier recalé au Fast Track, la première initiative prise par la Banque Mondiale, depuis le forum de Dakar, pour appuyer le financement des plans d'action. C'est comme qui dirait, les pays africains étaient pris dans le piège des promesses des bailleurs faites dans l'euphorie des travaux du forum mondial de Dakar tenu au mois d'avril 2000. C'est le constat qui est ressorti hier, mardi 2 décembre, du point de presse tenu en commun par L. Steven Obeegadoo, ministre Mauricien de l'éducation nationale et de la recherche scientifique et Mamadou Ndoye, Secrétaire Exécutif de l'Association pour le Développement de l'éducation en Afrique (ADEA), en prélude à l'ouverture de la 6eme biennale de l'institution dont Maurice abrite les travaux.
Rappelons que la biennale de l'éducation qui est un des moments forts du dialogue sur les politiques éducatives en Afrique. Et cette rencontre bi annuelle constitue non seulement une occasion pour les décideurs africains de s'inspirer des bonnes pratiques pour changer les politiques et les stratégies de développement de l'éducation‚ selon Mamadou Ndoye. Mais ils constituent également, pour eux, un espace de dialogue pour promouvoir les réformes nécessaires à l'évolution des systèmes éducatifs. Des systèmes dont on ne peut encore être fier à cause des lenteurs de son développement avec pour conséquence le taux élevé d'analphabétisme de l'ordre de 60 % sur le continent. Ainsi, se pose donc aux Africains des problèmes à la fois d'accès et d'équité ainsi que la qualité et la pertinence.
De l'avis de Mamadou Ndoye, la réalisation d'un seul des couples ne peut suffire. Il faut nécessairement penser à concilier l'accès, l'équité ainsi que la qualité pour avoir un système éducatif viable et performant. Il s'agit surtout d'une question d'option telle que c'est le cas pour l'Ile Maurice pays souvent cité en exemple pour la performance de son système éducatif. En effet, selon le ministre mauricien de l'éducation pays "certes notre pays pas encore réalisé l'éducation pour tous mais du fait de notre stratégie de développement du secteur nous avons réalisé un grand bond ". Parmi les acquis du système mauricien, le ministre cite ,entre autres, la scolarisation gratuite garantie pour tous les enfants du pays depuis 1977 et l'enseignement élémentaire est devenu obligatoire pour tous depuis 1990, tandis que le secondaire le sera désormais jusqu'à l'âge de 16 ans à partir de 2005.Ceci sans compter les expériences nouvelles engagées par le pays par les autorités du pays pour former les jeunes à la technologie de pointe. C'est ainsi que récemment, l'Ile Maurice a créé une université des Nouvelles technologies de l'Information et de la Communication (NTICS), la première expérience du genre dans les pays en développement. Car pour les Mauriciens l'éducation a toujours été associée à l'amélioration du statut social, parce qu'étant convaincu que c'était la seule voie du progrès social. Et la réussite mauricienne dans le secteur est liée, à la taille du pays et l'option politique de ces autorités. Autant de raisons qui ont motivé l'Adea à choisir Maurice pour abriter les travaux de sa 6eme biennale pour permettre aux autres pays de s'inspirer de son expérience.
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