Propos recueillis C T (Stagiaire)
3 Décembre 2003
Le coordonnateur du PDM évalue le parcours des Africités après deux sommets
A quoi renvoie le concept Africités ?
Les maires et élus locaux africains et toutes les autorités locales de manière générale éprouvent le besoin de dialoguer avec les Etats, mais aussi avec les autres partenaires sur tout ce qui touche à la décentralisation et au renforcement de leur rôle dans la gestion des affaires. Ils ont eu l'impression vers les années 90, que bien que la plupart des pays africains ait mis en place des collectivités locales, leurs voies n'étaient pas suffisamment entendues. C'est pour çà qu'ils ont suggéré de créer un événement qui est devenu par la suite une plate forme permanente de dialogue au niveau panafricain. Plate forme où les maires rencontreraient les ministres, le secteur privé, les chercheurs, les populations... enfin toutes les parties prenantes de la mise en oeuvre de la politique de la décentralisation. C'est comme çà qu'on a inventé le concept d'Africités. Le premier sommet s'est tenu à Abidjan en 1998, le deuxième s'est tenu à Windhoek en Namibie en 2000 et le troisième se tient en ce moment à Yaoundé en 2003.
Quel bilan vous faites des deux premiers sommets d'Abidjan et de Windhoek ?
A Abidjan, lors de la tenue du premier sommet Africités, les collectivités locales africaines étaient regroupées en organisations continentales selon la langue de la colonisation. Il y avait African union local authorities qui rassemblaient les municipalités anglophones, l'Union des villes africaines qui regroupait les municipalités francophones et une association des municipalités lusophones. Les maires ont réalisé par eux mêmes que la formule n'était pas la meilleure. A Windhoek, il ont décidé que les trois organisations continentales formeraient une coordination dénommée le Conseil des communes et régions d'Afrique qui s'est transformée à Yaoundé en une organisation africaine des collectivités locales. D'un sommet à l'autre, il y a eu une continuité dans l'atteinte des objectifs, au moins sur le plan institutionnel.
Sur le plan du contenu, à Abidjan, c'était la prise de conscience de la nécessité de la décentralisation pour répondre aux problèmes des populations. Après quoi, les autorités locales ont déduit que si on n'améliorait pas les finances locales, elles n'auraient pas la capacité d'agir, d'où le thème de Windhoek : "Financer les collectivités locales, pour soutenir la démocratie et le développement". Mais une fois l'argent obtenu, qu'en fait -on ? On programme des services. Le thème de Yaoundé c'est "Comment assurer l'accès aux services de base dans les collectivités locales africaines." A chaque sommet, un comité de suivi de la mise en oeuvre des résolutions d'Africités est mis place. Il s'agit pour ce comité d'évaluer le degré d'application des recommandations. Le sommet Africités est donc une réunion qui a des objectifs clairs, un calendrier et un plan d'action.
Cinq cent participants à Abidjan, 1000 à Windhoek et plus de 1500 à Yaoundé, comment expliquer cet engouement ?
Simplement par le fait que les gens commencent à comprendre que leurs problèmes au quotidien ne peuvent être résolus qu'au niveau local. Ce qui implique plus de pouvoir et de capacité d'intervention pour les collectivités locales. Cet engouement est aussi le signe de l'avancée de la décentralisation en Afrique malgré les pesanteurs.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Le Quotidien Mutations. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.