Martin Zambo
3 Décembre 2003
Goûter aux plaisirs de la pêche à la ligne. Tous les gamins en rêvent. Un exercice qui fait monter l'adrénaline quand le flotteur de la canne à pêche se met à tanguer.
Cette activité très appréciée y compris dans les villes dotées de lacs, n'est que la partie visible de l'iceberg. En effet, cette activité est organisée autour de quatre types de pêches. A savoir, la pêche artisanale maritime, la pêche artisanale continentale, la pêche industrielle et la pisciculture. L'exploitation des zones fluviales et la pisciculture fournit annuellement 125 000 tonnes de poisson. Mais, l'étude diagnostique de la compétitivité de l'économie camerounaise révèle que cette production est inférieure à la demande, selon le plan alimentaire à long terme qui estime les besoins du pays à 180 000 tonnes.
La pêche artisanale à elle seule emploie 200 000 personnes. La répartition fait apparaître 65 000 emplois directs et 135 000 indirects, qui concernent la vente de poisson frais, la transformation, la construction et la réparation des engins de pêche. Ces chiffres pourraient évoluer dans les prochaines années, en raison des potentialités dont dispose le Cameroun dans le secteur. Les données globales sur la filière font apparaître une façade maritime de 360 Km avec une Zone économique exclusive (ZEE) de 40 Km. Alors que sur le continent, le réseau hydrographique permet d'exploiter plusieurs cours d'eau d'une superficie de 4 millions d'hectares, riches en plusieurs espèces de poissons.
Autre atout, la pêche artisanale maritime bénéficie d'un support technique et logistique de façon concrète depuis 1983. A travers la Mission de développement de la pêche artisanale maritime (MIDEPECAM). Cette structure dispose de sept agences installées le long de la côte. Au cours des huit dernières années, son appui aux pêcheurs s'est manifesté par la distribution du matériel et des équipements de pêche d'une valeur de plus d'un milliard de F.CFA. Des postes de contrôle de pêche ont également été construits sous la conduite de la Caisse de développement de la pêche maritime. Pour intéresser les jeunes à la pêche artisanale, le ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries animales organise des séminaires-ateliers et des stages de formation.
Ce tableau reluisant tranche nettement avec la situation de la pêche maritime industrielle. Cette activité est handicapée par de nombreux facteurs. Notamment, la pauvreté relative des eaux en milieu marin due à la recrudescence de la pêche illégale. Conséquence : la flottille de la pêche industrielle, florissante sous d'autres cieux, compte moins d'une dizaine de sociétés. Le secteur emploie entre 1000 et 1500 personnes. L'apport de ce type de pêche à la consommation est estimé à environ 7 %. Pour appuyer les propriétaires de bateaux, le gouvernement a pris depuis 1984 des mesures pour alléger les charges des sociétés de pêche. Ces entreprises ont ainsi bénéficié des exonérations fiscales à l'importation des matériels et équipements, ainsi que des subventions sur le prix de gas-oil de plus de 60 %.
Le développement de la pisciculture représente un réel espoir pour le secteur de la pêche. Le Cameroun dispose à cet effet d'énormes potentialités naturelles. Quatre millions de plans d'eaux intérieurs, pouvant être exploités pour l'élevage en cage. Une mangrove de 2700 Km2 exploitables pour l'élevage des moules et des huîtres. Le potentiel de production par des méthodes extensives respectant l'environnement est estimé à 20 000 tonnes par an. C'est un potentiel économique qui milite en faveur de la prise en compte de la pisciculture.
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