Adel Latrech
3 Décembre 2003
Mohsen Chérif appartient à cette race d'individus qui a pour devise de ne jamais brûler les étapes. Il jouit d'une grande aptitude à supporter avec constance et résignation les soucis, les ennuis, les contrariétés, enfin tous les désagréments inhérents au métier qu'il s'est choisi et au chemin qu'il s'est tracé.
Il a toujours pris son mal en patience, en s'efforçant de supporter stoïquement sa croix, sans jamais se plaindre ou céder au découragement. Et voilà que le bout du tunnel pointe à l'horizon. A force de persévérance et de confiance en ses énormes possibilités, un peu de la taille de sa silhouette toute en rondeur, les portes s'ouvrent larges devant lui.
La quarantaine épanouie, Mohsen est né à Sousse. Cela fait une vingtaine d'années qu'il chante, sans jamais désespérer qu'un jour ou l'autre il finira bien par percer. Aujourd'hui qu'il a fait son petit bonhomme de chemin, tranquillement et sans trop se hâter, il est persuadé d'être parvenu à la réussite en réunissant tous les atouts à même de le fixer dans son nouveau statut de vedette presque confirmée.
Le succès au bout du chemin
Après plusieurs passages à la télé, voilà qu'il anime les soirées ramadanesques des festivals de la médina de Nabeul, Mahdia et Sousse, la ville qui l'a vu naître. Son répertoire est riche d'une demi-douzaine de chansons qui célèbrent l'amour, ses joies et ses peines, la séparation et les retrouvailles.
Récemment, il vient de rentrer d'une tournée en France, qui l'a mené successivement à Paris, Lyon et Marseille.
A l'appel de l'association Néapolis regroupant les Tunisiens d'origine israélite et résidant dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, que dirige Désirée Haddad, l'épouse de l'ex-gloire de la boxe tunisienne Simon Bellaïche, Mohsen Chérif a donné un concert on ne peut plus réussi. C'était à Marseille devant un public très motivé dans une salle surchauffée.
Très élégant dans la traditionnelle jebba de soie, il a magistralement interprété le riche répertoire de Raoul Journo avec ses taâlila (compositions musicales sur les cérémonies de mariage, circoncision et Bar Mitzva) et enfin les aroubi de ce monument de la chanson tunisienne qu'était Cheikh El-Efrit.
Ce ne sont là que les premiers pas annonciateurs d'un riche futur.
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