La Tribune (Algiers)

Algérie: Lutte contre la corruption : quel rôle pour les conventions internationales ?

Salah Slimani

4 Décembre 2003


analyse

«A quoi servent les conventions internationales contre la corruption ?» Tel est le thème des journées d'information sur les conventions internationales de lutte contre la corruption ouvertes hier au siège de la centrale syndicale UGTA.

Organisées conjointement par l'UGTA, l'Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) et la Fondation allemande Friedrich Ebert (bureau d'Alger), les deux journées qui constituent, faut-il le souligner, une première du genre en Algérie, auront comme principal objectif de «briser le tabou de la corruption», longtemps entretenu en Algérie. Il était également question de présenter et d'expliquer les conventions internationales en la matière notamment la convention de l'Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption et infractions assimilées. Prenant la parole pour annoncer l'ouverture officielle des journées, le secrétaire général de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd, a d'emblée qualifié le fléau de «sida économique». L'implication de la centrale syndicale dans cette initiative découle, note le patron de la centrale syndicale, «du fait que la corruption touche surtout le monde du travail». «La corruption mine le développement, la bonne gouvernance, le crédit des institutions publiques et privées. Elle est également source de misère et empêche l'épanouissement de la société en général». Le premier responsable de l'UGTA dira également que «si la corruption est entretenue par les pays du Sud, elle se fait cependant par la complicité criante des pays du Nord». Il faut, ajoute-t-il, «interpeller le monde occidental sur l'argent sale déposé à son niveau».

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L'organisation de ces journées a drainé une participation appréciable des représentants de la société civile, des partis politiques et des députés.L'organisation internationale Transparency International a été également présente à travers son directeur exécutif Muzong Kodi, lequel a énoncé un exposé exhaustif sur la convention de l'Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption. Cette convention, au-delà de son impact, n'a pas intéressé les pays africains. Seulement quatre pays ont signé la convention, notamment le Ghana, le Zimbabwe, la Tanzanie et la Libye. Trois autre pays ont aussi, note M. Kodi, affiché leur intention de signer cette convention. Il s'agit du Kenya, de la Namibie et du Djibouti. Lors du débat ouvert sur la question de la lutte contre la corruption, certains intervenants se sont interrogés sur le manque d'intérêt accordé par les pays africains à cette convention. D'autres ont demandé que des mécanismes bien définis, qui viendront compléter le travail fait par l'éducation et la sensibilisation car insuffisantes à elles seules, existent. Le rôle des médias a été également relevé par les intervenants qui ont suggéré la continuation dans l'action lorsque la presse divulgue des affaires liées à la corruption.

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